En 2012 a paru un livre (*) assez étonnant que certains journalistes hâtifs avaient pris au premier degré : « Le guide des gens, France 2012″. Soit un guide de 150 pages (feuillets lignés pour prendre des notes y compris) qui se présentait comme un palmarès de « gens », décrits, appréciés et notés ; personnes qui méritaient ou non d’être visitées à domicile. Flairant l’entourloupe menée hyper sérieusement, intrigué, et me disant que j’avais peut-être là de quoi alimenter un atelier d’écriture, je l’avais acheté. C’était bien un recueil canular, mais littéraire, de portraits de « gens », composé avec un humour noir subtil et ironique, avec bien du talent, du style et pas mal d’acuité dans le trait, et souvent une certaine tendresse (**). Je m’en suis servi depuis lors de quelques ateliers en présentiel… L’ouvrage est excellent si l’on veut travailler sur les personnages car à travers les compte-rendus de visite sont parsemés des bribes de vie, des indices sur les personnalités… sur lesquels on peut s’appuyer, que l’on peut s’amuser à développer, à faire vivre.

Je vous ai donc sélectionné quelques portraits de gens parmi les quelques dizaines, et voici ce que je vous propose : adoptez un « gens » (monsieur, madame ou mademoiselle) ou un « couple de gens » et racontez-nous un moment de leur vie, — hors visite des rédacteurs du guide, car ça, c’est déjà fait : un moment d’aujourd’hui, d’hier ou de demain, qu’importe, dès lors que c’est sous forme de nouvelle (une nouvelle ne comprend pas forcément une intrigue — mais si cela vous est nécessaire, plaquez-en une. Une nouvelle est un moment, souvent fractal d’ailleurs, en ce sens, comme les portraits écrits par l’auteur Philippe Gaubet dans ce Guide des gens, où ce moment exprime ou recèle un tout. Sinon c’est aussi un moment qui suggère un passé marquant, un instant de basculement de l’existence, un futur à venir, un présent particulier…) Si certain(e)s d’entre vous optent pour le même « gens », aucune importance ; on en saura même plus alors sur ce « gens »…

Alors voilà, je vous laisse ci-dessous choisir votre « gens ». Je vous présente donc plus bas Melle Carpiamino, le couple Boudogre, les jumelles Levriel, Mme Casalba, M. Landreu, Melle Moiterre, M. Swend, Melle Gouitre, M. Chalmègre, Mme Rattachant, M. Lhospitale, les Opel-Meda, et Mme de Fauverages. J’espère que vous allez passer un bon moment avec eux. C’est d’ailleurs ce que vous incite, à l’origine, à faire Le Guide des gens, France 2012.

(*) « Les éditions noir sur blanc » (Lausanne). Rédaction Philippe Caubet, photographies Léa Lund. L’ouvrage comprend même une page sur les « disparus », décédés depuis la présumée édition 2011 et une feuille pour candidater si l’on veut être visité par les rédacteurs du guide.
> Si vous en voulez plus, et ça le mérite, on peut certainement acquérir l’ouvrage > ici chez l’éditeur.

(**) Portraits de gens qui pour certains, vous le lirez ci-dessous bas, pourraient parfois se réclamer du mouvement parisien branché des années 90 dont je ne retrouve hélas plus trace (hormis dans Le Petit traité de désinvolture de Denis Grosdanovitch dont je recommande au passage la lecture) et qui s’appelait les « banalistes », et amusait la presse d’alors. Il s’agissait, lors d’une journée de promenade sans intérêt et sans parler, de se côtoyer dans des arrêts de bus, ou d’aller déjeuner dans un troquet sans âme près du Viaduc des Fades qu’on traversait une fois dans un sens, puis dans l’autre, avant de rentrer chez soi.

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