Cet atelier évite en permanence et autant que possible de coller à l’actualité pour ne pas verser dans les sujets tarte-à-la-crème, mais pour une fois, pourquoi ne pas imaginer, pour cette thématique mensuelle du roman et pour ce premier atelier de l’année, de nous immerger dans une nuit de St-Sylvestre ?
Je m’explique : en 1999 a paru la traduction en France d’un roman farfelu d’un auteur américain fameux, Stephen Dobyns, Un chien dans la soupe.  Cela narre la nuit infernale d’un chauffeur de taxi new-yorkais qui doit se débarrasser d’un chien mort dans son coffre, mais se retrouve embringué dans une suite d’aléas qui l’en empêchent. C’est en fait basé sur le même principe d’engrenage qui était aussi l’argument du film de Martin Scorcèse, After hours, où un type qui a oublié ses clés, entre autres, se retrouve sans argent et doit traverser tout New-York durant la nuit, allant de Charybde en Scylla… Dans le film, le taxi n’est pas le personnage principal, mais c’est la même mécanique-prétexte à présenter des galeries de personnages, à se plonger dans des lieux sociaux très différents.
Autres films fameux avec cette fois le taxi comme lieu central : le Night on earth d’un de mes cinéastes cultes, Jim Jarmush. Le taxi est le fil conducteur pour 5 historiettes, mais il s’agit de 5 taxis différents en 5 endroits du globe, la même nuit. Et enfin il y a l’excellent Taxi Téhéran de Jafar Panahi qui sert de prétexte fort habile pour présenter des « characters » comme diraient les Américains, de la société iranienne (mais c’était en 2015 et depuis ça ne s’est pas vraiment arrangé). Il y a sans doute pléthore de romans et de films qui suivent ce principe scénaristique.

Chaque séquence est un mini-récit en soi. Alors voilà : le taxi, c’est aussi une forme parfaite pour un roman choral… Et c’est ce que vous allez écrire chacun(e) pour votre part pour cet atelier. Puisque nous sommes en janvier, puisque la St Sylvestre n’est pas si loin, je vous propose donc ceci :

– vous êtes Camille, chauffeur de taxi indépendant (prénom épicène, nous ne saurons jamais si c’est un homme ou une femme). Attention donc aux participes passés 🙂 On pourra décider en cours d’atelier de normaliser (si cela a été trop compliqué et si Camille ne cesse d’un chapitre à l’autre de changer de sexe) selon comment vous avez ressenti les choses et si Camille est finalement définitivement un homme ou une femme. Camille à un âge indéterminé. Une chose est certaine : Camille peut passer rapidement d’une humeur sombre ou joviale. On appelle cela être cyclothymique… ou quelqu’un de juste bizarre et imprévisible. Vous pourrez ainsi décider de sa mine et son comportement en interaction avec vos propres personnages dans votre séquence.
– vous travaillez toute la nuit de la St-Sylvestre dans votre Peugeot 508 noire (pourquoi une 508 ? > Parce que), et aussi parce que vous avez besoin d’argent, parce que vous êtes mieux dans votre taxi cette nuit-là qu’à la maison, ou que dans votre appartement, parce qu’on vous a aussi mis un planning bizarre… Parce que vous avez aussi vos raisons…
– vous œuvrez dans une grande ville française, qui ne sera pas identifiable dans le récit (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes, Montpellier, Marseille… qu’importe. Servez-vous de lieux que vous avez en tête. Songez qu’il y a des rues Jean Jaurès partout, par exemple. Mais Camille ne va pas être que Boulevard jean Jaurès, hein…).
– au cours de cette nuit de St-Sylvestre (il conviendra d’en montrer des effets dans les rues, les lieux, même que très peu), vous prenez en course une ou plusieurs personnes. Cette course n’a pas d’heure identifiable, mais elle aura lieu obligatoirement soit avant minuit, soit après minuit et ne doit pas prendre plus de 2 heures (pour la cohérence du récit global, qu’on ne se retrouve pas avec que des textes qui racontent le passage précis à l’année nouvelle, et pour que la nuit soit complète).  C’est là que vous intervenez complètement : qui monte dans le taxi de Camille (individu seul ou groupe) ? Qui est cette personne ou qui sont ces gens ? Où va-t-elle/vont-ils ? Dans quelle fête de St Sylvestre (ou pas ?) ? Que racontent-ils ? Quels choses, fragments de leur vie peut-on comprendre, apercevoir ? Est-ce que Camille va se retrouver à devoir faire quelque chose qui dépasse le cadre de son job de taxi (avant de repartir pour une nouvelle course) ? Merci de ne pas faire perdre un bras à Camille ou de l’envoyer je ne sais où d’irrécupérable… ce qui ne collerait pas avec le chapitre suivant écrit par une ou un autre membre de l’atelier. L’idée est que chaque nouvelle sera un chapitre, une séquence de la nuit de Camille… Et il ne faut donc pas perdre ou abimer Camille en cours de route. En fin de séquence Camille doit pouvoir reprendre son taxi pour la course suivante.
– Vous pouvez prendre le point de vue d’un ou des passagers/passagères. Ce n’est pas un problème. Le lecteur s’accorderait très bien des changements de focalisation ou de points de vue dans un roman global.
– Vous n’êtes pas forcé(e) du tout de tout faire se dérouler dans le taxi. Camille peut aussi faire des pauses et aller boire un coup avec un client, Camille peut aussi se laisser persuader d’accompagner unetelle ou untel pour 5 minutes à tel endroit, d’aller chercher quelque chose… Bref, ne restez pas forcément enfermé(e) dans le taxi.
Mettez en scène, dialoguez, emmenez-nous dans votre imagination, votre fantaisie ou votre gravité. Le fait que vous écriviez au « Je » ou au « il » (vous n’êtes pas obligé(e) de parler au « Je » comme si vous étiez Camille — on en reparlera mais ce n’est pas non plus un problème pour le récit global)

Chacun des chapitres que vous allez écrire constituera donc la nuit infernale de la St-Sylvestre 2022 de Camille. On peut très bien imaginer d’avoir (ou pas) ensuite collectivement lors de l’atelier dans le forum du site des discussions complémentaires pour établir ce qu’il s’est passé à minuit pile. Où était Camille, avec qui, etc. au moment des 12 coups ? Vous pouvez aussi si vous en avez le temps, l’énergie, l’envie, nous écrire en plus le passage de minuit, qui pourrait être le milieu du roman (en veillant à ne pas générer de faits qui ne seront pas forcément repris dans le chapitre suivant… et on votera (à bulletin secret) pour savoir si on garde votre éventuelle proposition.

Je suis à votre disposition pour toute question, toute précision éventuelle…

Eh bien… bonne course ?

PS 1 : pour ma part, j’ai deux belles anecdotes de taxi vécues à raconter, qui pourraient être des séquences, mais peut-être les ai-je déjà racontées ici. Vous me direz si je radote.
PS 2
  / Message de service : à la suite d’une demande formulée le mois dernier, il est désormais possible aux membres de l’atelier en cours d’écrire un message collectif à l’ensemble des participant(e)s de ce même atelier, mais pour y avoir accès il faut au préalable se connecter. Un bouton sera désormais présent en bas de chaque texte de l’atelier en cours avant la zone des commentaires. Le même message alors écrit s’affichera sous chaque texte des membres de l’atelier. Voici son aspect :


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