Sans doute ne vous a-t-il pas échappé que nous sommes soumis depuis quelques temps à des ordres, des décrets, des contraintes étranges, que l’on peut ressentir parfois (souvent ?) comme absurdes. Vous vous souvenez certainement de la dernière formule de l’attestation de sortie qui faisait deux pages et,  incompréhensible et labyrinthique, n’a pas tenu plus d’une journée… (Les conférences de presse de Jean Castex font d’ailleurs l’objet >>  de joyeux détournements).

À moi qui vit dans une région où un maire il y a quelques années a promulgué un arrêté interdisant aux castors locaux de lui pourrir les berges de sa rivière communale est venue l’envie devant toutes ces frénésies de contraintes tous azimuts de vous inciter à la désobéissance civile rigolarde, à la sédition fantaisiste, à  la transgression joyeuse… Ou de vous motiver à nous passer un message grave ou sérieux, si tel est votre choix, sur l’irrespect de la loi et de l’ordre, du règlement ou de la consigne… Bref, d’avoir votre point de vue de façon littéraire.  Comment ? : en vous proposant d’écrire donc sur la loi inepte, les règlements absurdes, les diktats idiots, l’autoritarisme insupportable… De telles avanies, on en a toutes et tous connues dans la vie, en entreprise, en famille même, parfois. On en subi toujours (et ce n’est pas terminé, je le crains). Et si créer c’est vivre, dit-on, outrepasser, ce n’est peut-être pas bien, mais c’est pas mal non plus.


Alors prenons des libertés ! (Par ailleurs, si vous n’avez jamais lu la nouvelle Bartleby d’Herman Melville, cette histoire de l’homme qui dit « je préfère ne pas », je vous la recommande TRÈS fortement).
Rappelons en passant qu’en France, il y a eu la loi du 7 novembre 1799 qui interdisait aux femmes le port du pantalon de façon à leur limiter l’accès à certains métiers réservés exclusivement aux hommes. Si cette loi n’était plus appliquée, elle n’a été pourtant officiellement abrogée que… le 31 janvier 2013 (Pour améliorer la lisibilité dans les différents textes qui s’accumulent au fur et à mesure des années et des siècles, une commission a été créée : BALAI. Le « Bureau d’abrogation des lois anciennes inutiles » (ce n’est pas une blague) qui a  pour mission de faire un coup de propre parmi les fossiles législatifs…. > C’est là)

Bon, d’accord, mais comment cela se traduit-il dans cet atelier ? C’est quoi le règlement ? Je dois écrire quoi, chef ? :

– Un texte, un règlement, un décret, un arrêté… de votre inspiration : du fantaisiste au terrifiant, de l’utopie à la dystopie. À vous de voir. Vous avez le pouvoir… Mais que  cela nous incite à frauder !
Ou :
– Un récit, un souvenir de transgression personnelle (n’hésitez pas à romancer façon autofiction ; à nous rajouter des effets lyriques… ou dramatiques),
Ou :
– Une fiction qui met en scène un irrespect de la loi, de l’ordre, de l’injonction, de la contrainte. Là encore, ce peut être joyeux ou dramatique… qu’importe. C’est vous qui commandez 🙂
Ou :
– Eh bien… ce que vous voulez. C’est une proposition, et, forcément, j’en vois déjà d’ici qui se feront un plaisir de ne pas la respecter pour le plaisir de la mise en abyme (mais restez un peu dedans tout de même, hummm ?).

Afin de  de fournir un peu sur le sujet des lois absurdes, je me suis lancé dans une quête d’exemples (ce qui m’a pris un temps franchement déraisonnable à compiler, mais bon). Vous trouverez donc > > ici un PDF comprenant… 23 pages de lois absurdes ou étranges retrouvées sur le web avec quelques explications sur leur sélection (enfin… si vous avez l’énergie et l’envie de lire cette énième nouvelle et  énorme usine à gaz). Peut-être vous inspireront-elles… Certaines peuvent en effet permettre d’imaginer l’affaire de fou qui a dû susciter auparavant leur promulgation, ou donner des idées de thématique si on distingue la volonté autoritaire qui  a pu les motiver. (Si vous n’utilisez pas cette compilation : qu’importe. Elle est juste là en support éventuel).

Des exemples (qui ne sont pas des plus ahurissants que vous y trouverez, loin s’en faut)   :

Nebraska (États-Unis)
• À Waterloo, les coiffeurs n’ont pas le droit de manger d’oignons entre 7h et 19h
• À Omaha, les coiffeurs n’ont pas le droit de raser la poitrine de leurs clients
• Les parents d’un enfant ayant roté à l’église peuvent être arrêtés
• Il est illégal de vendre de la bière sans avoir une marmite de soupe en train de cuire

(J’explique dans le fichier que je n’y ai pas porté les lois telles que l’interdiction de fumer au Bouthan ou de vapoter en Thaïlande, de discuter avec les habitants en Corée du Nord, de danser, d’écouter de la musique ou de conduire pour une femme en  Arabie Saoudite, ou encore comme dans 29 États américain le droit de renvoyer quelqu’un à cause de son orientation sexuelle… Mais si ces sujets graves vous motivent, ne vous gênez pas.).

Allez, au boulot, maintenant. Il faut respecter la règle de cet atelier.
Non, mais (*)


(*) Mais que ce ne soit pas une raison pour m’envoyer vos textes en retard ! 🙂