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Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Category: Propositions (page 1 of 2)

Proposition d’écriture – Janvier 2019

Il y a quelques temps (je ne sais plus comment je suis tombé dessus) j’ai lu un article du Monde (je crois) qui évoquait au détour d’une critique littéraire l’ouvrage, « J’ai peur » d’une artiste contemporaine, Géraldine Kosiak ;  paru initialement en 1995 au Seuil. On nous présentait cela, si je me souviens bien, comme une œuvre marquante traitant de la peur, de toutes les peurs (intimes, personnelles, désespérées, pathétiques, grandes, instinctives, sociales, petites-bourgeoises, dérisoires, d’aujourd’hui ou d’hier, etc.).
J’ai levé un sourcil. Tiens, c’est intéressant, et ça pourrait faire l’objet d’un atelier.
Je suis allé alors consulter Monsieur FNAC qui m’a expliqué pour sa part : « Construit à la manière d’un Je me souviens de Georges Perec, J’ai peur de Géraldine Kosiak est réédité plus de dix ans après sa première parution. Ainsi Géraldine Kosiak évoque-t-elle à chaque page une nouvelle peur, des plus quotidiennes aux plus existentielles, des plus contemporaines aux plus intemporelles. Quatre-vingt-huit peurs, une peur par page, une phrase et un dessin par peur. Sobriété et densité de petits dessins épurés au trait noir, qui font mouche, comme des croquis d’un premier jet, jouxtant les mots avec humour et subtilité.
De peurs basiques (J’ai peur des fourmis rouges…), en peurs plus fondamentales (J’ai peur d’être enceinte ; J’ai peur que mon loyer augmente encore et que je ne puisse plus le payer), voire politiques (J’ai peur des pluies acides ; J’ai peur de l’Histoire qui se répète) ou encore existentielles (J’ai peur de rater ; J’ai peur aujourd’hui de demain ; J’ai peur d’avoir peur), Géraldine Kosiak souligne nos maux, nos inquiétudes et nos doutes. L’énoncé de ses peurs fait écho à nos propres peurs tant elles sont vraies. Au lieu de fuir ces peurs, Géraldine Kosiak les utilise et nous invite à ne pas leur tourner le dos mais bien à les accepter pour ce qu’elles sont, pour mieux les dépasser.  »
À ces mots je me suis redit qu’il y avait décidément là un sacré boulot. Je me suis alors procuré l’ouvrage de 100 pages curieusement classé en « album jeunesse ». Puis je l’ai reçu en étant toujours autant alléché. D’autant que la quatrième de couverture pour sa part dit sobrement, mais avec conviction  :

Je l’ai lu en moins de 5 minutes lors desquelles j’ai pu alors découvrir le travail de dessin qui illustre les peurs.
C’est par exemple comme ça :

Ou comme ça :

Il y en a 88 ainsi.

Je ne vais pas, par respect pour l’auteure, par solidarité d’artiste, par souci de ne pas passer pour un fâcheux, un imbécile sinon un poujadiste anti art contemporain, vous infliger ici les pages que je pourrais écrire en argumentant sur ce que m’évoque ce travail, en le resituant dans ses contextes et biotopes, prétentions et paresses, bluffs et alibis (par exemple le choix du trait, je suis certain qu’il y a un discours pour le justifier).
Simplement, j’ai mené des centaines d’ateliers d’écriture et je peux vous dire que par exemple au fin fond de la Picardie, chez des gens peu favorisés, peu alphabétisés, et qu’on aime à stigmatiser, il y en a qui ni ne lisent ni n’écrivent, mais lorsqu’ils créent sous contraintes —par exemple en leur demandant d’établir des listes raisonnées lors d’exercices de créativité en s’inspirant de Perec ou de l’Oulipo— pourraient être par exemple reconnus eux aussi comme des artistes, et à remarquer dans Le Monde.
Mais passons.
En revanche, car il faut bien que ce travail serve à quelque chose d’artistique (du moins pour qu’il ait enfin une ampleur artistique ; que ce livre ne soit pas qu’une anecdote survendue), je vais rester sur mon idée… et vous proposer d’écrire à partir d’une des 88 peurs de la liste qui compose le livre.

Voici la liste établie par Géraldine Kosiak (les mots « J’ai peur » sont répétés en début de chaque phrase. Je ne les ai pas ressaisis ici) :

01 — J’ai peur de toutes ces filles dans les magazines
02 — de la télévision, mais je la regarde
03 — des hommes à moustaches
04 —  d’une page blanche
05 — de tous ces gens que je ne connais pas
06 — alors je rentre chez moi.
07 — des moments qui durent
08 — de ma mélancolie dépressive
09 — des pluies acides
10 — d’être enceinte
11 — que mon loyer augmente encore et que je ne puisse plus le payer
12 — des gens à lunettes
13 — de la pollution
14 — de n’être bientôt qu’une maladie
15 — d’avoir peur
16 — que ma voiture tombe en panne
17 — du nucléaire
18 — de la fin du monde
19 — du bourdonnement des mouches bleues
20 — de certains mots
(NB : l’auteure a tracé ces mots : BOUDIN – DISPARAÎTRE – MATIN – BITE – RICHE – FERMETURE – CANCER – PANASONIC – LASER)
21 — des seringues
22 — des fourmis rouges
23 — de sortir de mon lit pour commencer la journée
24 — de rater
25 — des serpents
26 — de certaines bandes (NB : l’auteure a dessiné 5 bandes verticales épaisses et noires)
27 — des arrivistes
28 — aujourd’hui de demain
29 — du succès
30 — de l’échec
31 — de m’ennuyer quand je vais à des soirées
32 — en voiture (surtout des autres)
33 — de la foudre
34 — des promoteurs immobiliers
35 — du vide
36 — des gens qui ne me regardent pas quand ils me parlent
37 — qu’un jour il n’y ait plus d’eau
38— J’ai peur du titre de ce roman : « Faut-il tuer les petits garçons qui ont les mains sur les hanches ? »
39 — d’avoir froid, surtout aux pieds
40 — de la tâche d’encre incontrôlée sur la feuille (NB : des tâches d’encre maculent cette phrase)
41 — de l’égoïsme
42 — de mon côté hystérique
43 — de sauter en parachute
44 — des menteurs
45 — de ceux qui abandonnent leur chien
46 — de l’Histoire qui se répète (NB : l’auteure a dessiné une croix gammée)
47 — de l’éparpillement
48 — de n’être bonne à rien (NB : la page est vierge de tout dessin)
49 — de perdre mes cheveux et mes dents
50 — d’oublier mes clés
51 — des cérémonies
52 — des cambrioleurs
53 — des ondes négatives
54 — des mathématiques (NB : l’auteure a tracé cette équation : « A + B = C »)
55 — de me répéter (NB : la page est en face et il s’agit du même dessin que ci-dessus : « A + B = C »)
56 — de certains bruits
57 — des prises de courant
58 — du sang
59 — des monstres
60 — de ne plus voir ma famille
61 — de vieillir
62 — de me faire opérer des varices
63 — de devenir sourde
64 — de la guerre
65 — des changements de saison
66 — quand je nage en pleine mer
67 — que mon courrier se perde
68 — des huissiers
69 — des matchs de foot qui tournent mal
70 — du Ku Klux Klan
71 — des chasseurs (mais pas de mon père, mon frère, mon grand-père…)
72 — du grand huit dans les fêtes foraines
73 — des mystiques
74 — de ne pas avoir le temps d’aller dans tous les pays du monde
75 — de pourrir sous la terre et de puer
76 — de ne pas aller sur la lune
77 — de m’être trompée de religion
78 — des racistes
79 — des politiciens qui font de la politique pour eux
80 — des gens qui mettent de l’eau dans leur vin
81 — de manquer de temps
82 — de n’être pas drôle
83 — de certaines explications
84 — de faire des fautes d’orthographe
85 — d’étouffer
86 — d’être paralysée
87 — des habitudes
88 — que l’on m’oublie (NB : la page affiche les prénom et nom de l’auteure)

La proposition donc, et j’espère qu’elle vous plaira —du moins qu’elle ne vous effraiera pas — est de choisir une de ces peurs et, à partir d’elle, d’écrire une nouvelle de la teneur qui sera la vôtre (personnage confronté à sa peur, ou qui la dépasse, ou qui la provoque, ou qui y assiste. mais cela peut être un texte aussi comme avait écrit Marine pour l’anorexie, avec un luxe de sensibilité, d’images, de détails…). N’ayez crainte, je sais que vous allez y arriver !

Proposition d’écriture – Déc. 2018-2

Le métier d’écrivain -car il faudrait que ce soit vraiment reconnu un jour, du moins fiscalement, financièrement, administrativement etc. comme un vrai métier- est parfois si difficile dans ses conditions de vie qu’on se demande en le pratiquant s’il ne serait pas imaginaire. Une sorte de fantaisie de l’esprit en somme, une hallucination. « C’est pas un vrai métier, ça »... Combien ont entendu cela ?

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Proposition d’écriture – Décembre 2018 – 1

Allez je vous raconte comme d’ordinaire comment m’est venue l’idée de la proposition d’écriture de cet atelier : il se passe que parmi mes nombreuses activités professionnelles, je travaille depuis dix ans pour le comité d’entreprise d’une immense société industrielle appartenant à l’État Français. Je me rends une fois par mois sur un site, assiste à des réunions entre les élus et la direction (la plupart des ingénieurs ou des techniciens de haut niveau) et en écrit le procès-verbal synthétique.
Le mois dernier l’un des élus me racontait comment ils étaient allés déposer pacifiquement au siège de la direction régionale un cahier de revendications (plutôt constructif, réaliste et sans hostilité, mais bref), et comment sans crier gare ni avoir de raison objective une section de CRS a fait irruption, a donné l’assaut, a gazé toute la délégation et arrêté quelques-uns de ses membres (des hauts cadres de direction reconnaissent depuis sans problème que ce n’était ni justifié ni approprié). Le type me dit : « Pendant l’assaut M. a été frappé, gazé, et comme il voulait se mettre à l’abri, les flics l’ont coursé. Au final ils l’ont capturé ».
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Proposition d’écriture – Novembre 2018 – 2

Il est temps de passer à table  — du moins de commencer à réfléchir à votre table : dans deux mois, vous risquez en effet de devoir festoyer hors de raison et de proportion. Alors, pour cet atelier, avec ce souci d’utilité et de santé publique qui nous anime, nous allons nous y préparer. Mettons-nous à table, au repas, au dîner, au souper, au banquet, au festin… Et au service. Et en cuisine aussi…
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Proposition d’écriture – Novembre 2018 – 1

La proposition d’écriture pour ce premier atelier de novembre est particulière. D’abord, elle est matrimoniale, puisqu’il s’agit, comme vous allez le découvrir ci-dessous, de répondre à des petites annonces. Ensuite, elle est, comme les bans publiés en avance, connue depuis plusieurs jours par les intéressé(e)s cobayes ; lesquels pour le rendu de leur texte le 9 novembre auront donc exceptionnellement disposé d’une semaine d’écriture supplémentaire. Ensuite, en fonction des résultats de cet atelier bien différent de l’ordinaire, comme je l’expliquais >  ici, je vais probablement l’instaurer en atelier permanent dans le projet de construire au fil du temps un ouvrage collectif.

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Proposition d’écriture – Octobre 2018 – 2

Aujourd’hui, j’ai réalisé un projet secret qui remonte à des dizaines d’années, et que je n’avais encore jamais accompli : j’ai planté des roses trémières contre la façade de ma maison (j’adore les roses trémières, désolé). (Oui, je sais, ce n’est pas une annonce très spectaculaire, j’en ai bien conscience).
Planter des roses trémières est un signe que la maison où je vis est bien MA maison. C’était un peu un pacte avec moi-même que de marquer l’endroit avec des roses trémières. Aussi, je me disais en creusant au pied du mur que la maison serait un thème d’écriture formidable… Et après avoir creusé le sujet (après le sol pour les roses trémières, donc) je me suis dit que non, vraiment… C’est vraiment, mais vraiment, mais alors vraiment… trop utilisé.
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Proposition d’écriture – Octobre 2018 – 1

La première quinzaine d’octobre est traditionnellement consacrée à la remise des Prix Nobel : si cette année pour cause de scandale, de crimes sexuels  et d’incarcération de son responsable le prix Nobel de littérature ne sera pas attribué, la valse des prix scientifiques, elle, continue comme chaque année. Ce rendez-vous — assez passionnant en général (on découvre que cet homme où cette femme (très rare, mais ce n’est pas de la faute des femmes…) en blouse blanche dont on ne savait rien, —même qu’on se demandait ce qu’il ou elle pouvaient bien bouiner dans leur labo— ont en fait permis de soigner la myopie au laser ou de calculer on ne sait quel truc qu’on a du mal à comprendre, mais qui fera qu’en cuisine finalement nos carottes seront bien cuites — ; ce rendez-vous, donc, m’a donné l’envie de vous proposer pour thème d’écriture la notion de découverte, que l’on peut décliner de nombreuses façons :
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Proposition d’écriture septembre 2018 – 2

Cette image représente un article expliquant comment rentrer dans son maillot de bain.

Préparant à l’avance ma rentrée qui s’annonçait d’emblée chargée, et rédigeant par prudence mes propositions d’écriture bien en amont, j’expliquais fin août à ma compagne que l’enthousiasme des participant(e)s pour cet atelier d’écriture ne se démentant pas – vues les inscriptions qui se sont illico pressées (me réjouissant… autant qu’elles me mettent la pression), il m’allait falloir « assurer » plus que jamais, et ce, dès le début. C’est-à-dire faire preuve d’imagination pour cette nouvelle année afin de ne décevoir personne (tant que je puisse!) dans ses attentes ; c’est-à-dire trouver des sujets d’écriture originaux : pas de « tartes à la crème », pas de sujets éculés et attendus,  « déjà vus »  – mais au contraire des propositions décalées qui veillent néanmoins à laisser toute créativité à chacun (e) … Mais, je n’avais pas encore d’idée pour l’atelier du 14 septembre…
« Hé bien… puisque c’est la rentrée, tu n’as qu’à faire les marronniers », me dit-elle, par provocation, sachant que je déprimais aussi de devoir par ailleurs bientôt traiter les mêmes cours que chaque année depuis 4 ans, avec la nouvelle promotion d’étudiants qui m’est livrée en pâture.
Les marronniers : en fait l’idée est très bonne.
Mais peut-être faut-il préciser auparavant ce qu’est un marronnier... quand ce n’est pas un arbre.
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Proposition d’écriture – septembre 2018 – 1

(C’est pas moi, mais chut tout de même)

À la suite d’un parcours de vie particulier, créé il est vrai par des choix des personnels parfois radicaux,  je suis actuellement locataire d’une maison isolée au milieu des vignes de muscadet, au sud de Nantes. Quoique à 3 minutes d’une petite ville, très souvent —et c’est pourquoi j’ai choisi d’y habiter— le silence alentour y est total.

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Proposition d’écriture – juin 2018 – 2

Pour faire forcément très original, et pour le dernier atelier de la saison, la logique tarte-à-la-crème aurait voulu que je vous propose d’écrire sur les vacances : youp la boum, en voiture Simone, les bagages dans la voiture, les enfants toujours aussi excités à l’arrière, ou alors l’angoisse de la valise qui ne ferme pas, les apéros-rosé dans le Lubéron, la plage, les excursions sur le Machu-Pichu ou le village vacances parasol publicitaire, les vacances sportives, les moustiques… ou le pas de vacances du tout, pas de train, pas d’avion, pas de soleil, pas de bol… Hé bien… pas du tout !
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Proposition d’écriture – juin 2018 – 1

Pour cette proposition d’écriture, il m’est venu l’envie de travailler sur un thème (mais cela va être selon votre choix) jubilatoire, méchant, pathétique, attendri, solidaire, affligé, consterné, amoureux, procédurier, amical, indifférent, voyeur, exaspéré, furieux, délateur… Pour cet atelier je vous propose en effet de nous raconter le voisin, la voisine, les voisins, le voisinage, le vivre à côté…

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Proposition d’écriture – mai 2018

Allez… On va se cogner à un peu de difficultés…
(Les explications pour cette proposition d’écriture sont longues (car elle n’est pas facile) > mais si c’est trop à lire > filez directement à la fin !)
Il y a un peu plus d’une quinzaine de jours, on a appris, ce 13 avril, la mort du cinéaste Miloš Forman, fameux entre autres pour son adaptation de Vol au dessus d’un nid de coucou, roman de Ken Kesey (roman dont je vous recommande la lecture si ce n’est fait, car il est bien meilleur que le film, pourtant inoubliable !). Repensant à ce film qui multiplie les prouesses d’acteurs et de mise en scène,  je me suis souvenu de ce que les scénaristes appellent une scène totale. Une scène totale, c’est une scène qui en « micro » reproduit les enjeux en « macro » de l’histoire globale, permet de planter les personnages, les liens, rapports, antagonismes, etc. qu’ils tissent  entre eux.

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