Putain de sable, putain de désert, putain d’ascenseur social en panne.
Et ce bordel de micro coincé dans les tympans.
Si je m’en sors, plus jamais je n’écouterai Jim Morisson. Ni un orgue. Ni du rock.
Remarque sinon, je n’en entendrai plus jamais de toute façon.
Mais comment j’arrive encore à être ironique ? Je ne sais même pas depuis combien d’heures je marche sous cette foutue fournaise. Déjà 3 fois que je m’arrête pour virer le sable qui s’entasse dans mes groles et je sens que ça recommence déjà à me lester les jambes. Je ne peux plus leur laisser grapiller du terrain et risquer qu’ils me rejoignent.
Les mecs ont du trop regarder Mad Max, ils ont pris le départ avec des vieux 4/4 déglingués 3 heures après le départ de notre marche. La marche Finale comme ils appellent ça.

Le délire des mégas riches ou comment trouver encore de l’excitation à sa vie quand on a tout.

T’as déjà 5 baraques, 3 Porsches, 2 Ferraris, un dressing plein à craquer? Tu t’emmerdes à baiser ta bobonne liftée et les escorts ne te font plus bander? Tu t’es foutu dans le pif l’équivalent d’une urne funéraire et tu connais mieux que quiconque les redescentes dépressives des extasys? En plus t’es fan de Stephen King?
Trop facile, tu recrutes tous les crevards dans la fleur de l’âge du coin. Ah ben oui, il faut qu’ils soient endurants sinon le plaisir retomberait trop vite. T’en sélectionnes 7. Me demande pas pourquoi ce chiffre, ça doit encore être une de leur lubie ésotérique. Du genre franc-maçon et symbolique à 2 balles.Tu leur files une grosse liasse. Au mieux le gagnant la récupère en plus du prix final. Au pire c’est sa famille qui pourra becter décemment pendant des mois une fois qu’on aura enfoui sa carcasse sous les dunes.

Et puis bim bam boum, tu les balances dans le désert et pour bien leur vriller les nerfs, tu leur diffuses en continu la même chanson. Et c’est parti pour une marche de l’enfer.
Qui deviendra le premier fou de s’entendre susurrer en continu que c’est la fin?
Lequel inaugurera la mort par déshydratation? Peut être que le pionnier des macchabées de l’édition 2087 sera juste celui qui sera rejoint par leur caisse de grands malades et se prendra la première bastos entre les yeux?
La seule consigne : suivra piste tout droit vers le sud, sans relâche. Ils ont tout de même eu la délicatesse de nous prévenir qu’il y aurait 2 parties.
Je dois ressembler à une saloperie de jaune à force de plisser les yeux. Ca les aurait trop arraché de nous fournir des casquettes. Ces grands seigneurs nous ont déjà filé une méga gourde et des sandwichs, faudrait voir à pas abuser de leur générosité.

3 nuits de passées et autant de journées à supporter le cagnard, ce son en boucle, la solitude, la faim et bientôt la soif vu que leur putain d’outre est en train de virer au sec.
Déjà 2 de clamsés. Tombés comme des mouches les types, on sait même pas pourquoi. Plus 2 qui ont abandonné, écroulés en chialant comme des madeleines parce qu’ils savaient qu’ils allaient se faire tirer comme des lapins . Tu crois que j’allais les prendre par la main, leur chanter une berceuse pour les motiver ? Chacun pour sa gueule!
Et tiens vla seule nana qui se met à se vider du bas fond. Elle serre les dents, mais m’est avis qu’elle tiendra pas encore longtemps. Ah oui y’a aussi l’autre perché qu’est sorti de la piste en hurlant « whisky bar ». Il va pas faire long feu non plus. J’tiens le bon bout.
Mais c’est quoi cette immense construction sortie de nulle part? C’est quoi ces 2 mégas portes totalement identiques?
Des mirages qui commencent ?
Et non merde, je sens leur contact simultané, froid contre mes paumes . Laquelle ?
Me dites pas que c’est leur moteur que j’entends.
La gauche, je prends la gauche.
Quoi encore 2 autres portes? la gauche encore.
Et 2 nouvelles, mais c’est quoi ce trip ? A droite toute
Encore?
Plus de moteur mais leurs voix d’excités qui me talonnent.
Plus je prends de porte,moins ils ont de chance de me remonter.
Allez tiens bon Mike. Referme les bien à chaque fois.
Plus j’ en choisis, plus les probabilités qu’ils te retrouvent fondent.
A moi le pactole.

« Choisir c’est renoncer. la vie est un combat. En acceptant cette réalité que vous suggère de façon redondante votre inconscient, vous pourrez enfin avancer dans votre vie, et jouir de la sérénité adulte »
Mais j’en fais quoi de sa conclusion à 2 balles?
Tu crois que ça vaut le coup que je continue à lui filer 50 euros deux fois par semaine pour m’allonger dans son divan pourri? Ca peut vraiment m’aider des sentences comme ça? J’arrêterai de subir en boucle ce rêve?

Par Schiele