Sur une proposition d’écriture difficile (en gros écrire une scène, comportant deux personnages très caractérisés au moins, qui pose des enjeux globaux d’une histoire à venir ou potentielle), le groupe des participantes de mai qui avaient été repérée comme les plus à l’aise en écriture a su relever le défi avec enthousiasme et énergie… et majoritairement réussite. Je pense même que des romancières en puissance se devinent. Il y a des textes avec des personnages forts, des enjeux, du lyrisme parfois, de l’effet « page turner » en fin de texte… Bravo pour vous être frottées à cet expérience complexe…

Cette proposition visait à sortir les participantes de leur « zone de confort » (une situation qui m’avait été plusieurs fois signalée comme apparue depuis ma reprise de l’atelier en décembre dernier ; cette fois le bouchon a été poussé plus loin) en les contraignant à penser des personnages plus profondément, en situation dans des contextes complexes (soit avec du background, de l’historique, du hors champs) et confrontés à des enjeux forts.

Enfin, aussi la proposition cherchait à empêcher les auteures de puiser par facilité dans leur vie personnelle pour qu’elles empoignent de la fiction bâtie ex nihilo dans des décors en kinopanorama avec effets spéciaux (enfin, pas à ce point, mais vous voyez l’idée). Bref, si ces textes attendus pouvaient être pris comme des nouvelles, ils devaient avoir le potentiel d’être un chapitre, voire le premier chapitre d’ouverture d’un roman. Ces textes, pour être produits, ont forcé de fait leur s auteures à se positionner dans un univers de fiction plus vaste que celui convoqué dans  le champ restreint de la nouvelle.

Pour autant, il y a tout de même eu certains textes produits comportant des problèmes (liés sans aucun doute au manque d’habitude d’écriture dans la complexité) : personnages « hors-sol », scènes hermétiques, dialogues qui expliquent ce qu’il faut comprendre… Mais rien de grave car c’est le but de l’atelier que travailler tout cela, et que des choses normales quand on se confronte à des contraintes d’écriture plus complexes que d’ordinaire. Mais de tout cela nous en parlons entre nous dans l’atelier.

Les prochaines propositions d’écriture redeviendront plus simples afin de ne pas décourager ou éloigner les candidat(e)s désirant participer à l’atelier. Toutefois, cette expérience m’incite à réfléchir à l’instauration de peut-être un « niveau 2 » d’atelier avec de exercices plus complexes destinés aux personnes davantage aguerries en écriture et désireuses de se frotter à du « sportif » 🙂 .