Michelle Grangaud (© P.O.L)

Accrochez-vous : ce n’est pas une seule proposition d’écriture que je vous propose, mais… 1 000 (Et encore, si vous ne les combinez pas). Cet été j’ai retrouvé dans ma bibliothèque un livre (qui est épuisé) qui m’avait fasciné à sa parution et dont j’avais oublié l’existence… mais c’est un peu normal, puisqu’il est paru il y a 31 ans, en 1991.
Cette année-là, je tombe en effet sur un article de Libération qui annonce la sortie du livre Geste, narrations de Michelle Grangaud, autrice oulipienne (qui ne sera élue en fait qu’en 1995 à l’Oulipo) alors totalement inconnue du public, et dont ce n’est à l’époque que le 4e ouvrage.
Le critique explique (je résume en très gros) que Michelle Grangaud (dame qui disait alors ne pas savoir écrire de prose) a composé un recueil de 1 000 narrations écrites chacune sous forme de tercet. Se faisant, dans une litanie qui est en vérité quasiment hypnotique, elle découpe comme dans une danse (ou une chanson de gestes) la vie, le temps, fait vivre la multitude anonyme, et rend les actions et événements petits ou grands parfois vertigineux. Chaque geste contient en effet une possible narration longue, ou en est le fragment. L’article, qui est long, explique l’ambition et analyse le fonctionnement interne des tercets, voire pour certains les relations ou renvois entre eux. Si cela vous dit, je vous l’ai scanné : >> article Libe
Pour ressentir l’effet, entre rythmique et multiplicité des images, que l’ouvrage produit à la lecture en faisant surgir mille moments du monde, il convient évidemment de le lire d’une traite (ce n’est pas très long toutefois). Et comme ici on ne recule devant rien, j’ai même pris le temps de vous le scanner en entier. Si vous faites partie de cet atelier et désirez le lire intégralement (131 pages) pour répondre à la proposition d’écriture ou simplement par intérêt > téléchargez-le ici en vous connectant
Voici cela étant les premières pages (extraits proposés par la FNAC, cliquez dessus pour ouvrir la galerie).

Ce que je vous propose pour cet atelier, puisque c’est la rentrée et que nous recommençons à nous agiter maintenant sortis de la torpeur du farniente (enfin, si vous avez pu…) c’est de se lancer du coup résolument dans le geste. C’est-à-dire d’utiliser au moins un tercet de ces premières pages (ou un tercet plus loins dans le livre entier) et d’en développer la stricte narration (exercice de détails et de méticulosité), ou alors de commencer par un tercet pour écrire votre fiction, ou alors de le placer dans une nouvelle de votre cru qui ne découle pas forcément de ce que le tercet exprime. Bien sûr, vous pouvez aussi utiliser plusieurs tercets, et les croiser… Surtout si vous avez pris le temps, et eu le goût de lire les 1 000 tercets d’affilée (123 pages) ; chose que je vous incite à faire (> téléchargez-le ici en vous connectant), mais ce n’est pas obligatoire car il y a  déjà de quoi faire avec ces premières pages.  Voilà…

Et alors ils se dirent
Cette proposition
Est encore bien tordue, mais allons-y.