Cherchant une idée de proposition d’écriture, j’ai surfé récemment d’écrivains contemporains totalement barrés  en poètes abscons, et puis voilà, entre autres découvertes dont je vous parlerai sans doute un jour ici,  que je tombe sur un ouvrage improbable et inclassable « L’homme de profil, même de face » (à la fois recueil de nouvelles et recueil de listes), parfois drôle, d’autres fois paresseux ou potache. Ouvrage d’un auteur, belge voire  tellement belge, Charly Delwart (Sachant que les Belges ont inventé le surréalisme et que, depuis, ils continuent de l’élever avec application en une appellation géographique contrôlée : la belgitude est un signe de qualité en terme de potentiels imaginaires comme en dimension du n’importe quoi se donnant des airs plus ou moins profonds).
Au sein de cet ouvrage résistible, mais qu’on pourra lire en souriant, j’ai trouvé cette liste :

Première page d’un chapitre :

Et, en deuxième page, fin de la liste :

Bon, on constate que ce n’est pas hilarant : c’est juste drôlement belge. Cela étant,  je me suis que cette recherche d’hypothèse sur la disparition (et au-delà, si c’est volontaire, de la fuite ou la fugue présumées) était une bonne idée. Aussi, je vous propose d’en faire le sujet de cet atelier pour une variation de nouvelles. En effet, cette idée recèle de multiples modes d’entrée pour une fiction (— en sortant évidemment des seuls items de la liste ci-dessus. N’en soyez pas  attaché(e) : )

Comment procéder ?

1- Formulez votre hypothèse. Qu’est-il donc allé faire ? Pourquoi n’est-il pas revenu ? S’est-il passé quelque chose auparavant dans son existence ? (À moins que cela ne se soit décidé qu’au seul moment où il est parti chercher des cigarettes ? …)
2- Mettez-nous en scène votre hypothèse : cela peut être dramatique, tragique, comique, absurde, surréaliste…
3- Choisissez pour cela un point de vue :
– soit du sien (comment s’y prend-t-il pour disparaître, ou alors que fait-il —sciemment ou non— depuis sa disparition ? Ou alors que lui est-il arrivé ?… Reviendra-t-il ? Et si oui, comment ?), etc.
– soit de « l’autre », soit de celui ou celle qui l’attend ou ne l’attend pas, ou plus du tout (la compagne ou le compagnon : sa réaction, son comportement face à l’absence, l’attente, l’incompréhension… – absence qui peut être aussi vécue possiblement avec bonheur soit dit en passant, …  Quelles sont ses pensées et réflexions, sa vie d’après, sa joie ou sa consternation si le disparu revient tardivement…),
– soit de l’entourage (que font la famille, les voisins, des témoins ? Comment se comportent-ils vis-à-vis de l’absent ou vis-à-vis de la personne proche qui l’a vu disparaître : consolation, aide, attente, angoisse… ? Mêmes choses en cas de retour tardif.)
– soit de l’environnement face à la disparition (la police,  l’administration…) ou des conséquences du mystérieux départ…
– soit tout cela en même temps…
enfin, dernière possibilité, si cela vous est plus facile, mettez-vous de votre propre point de vue si vous vous trouviez dans une telle situation – sachant que vous pouvez être confronté(e) également à l’entourage, l’environnement… Voire au retour de la personne, même.

Dans tous les cas, quels actes, quelles scènes, quels dialogues ? Une nouvelle, comme un fragment d’une histoire, comme un moment qui condense le tout… Il ne s’agit pas de raconter tout de A à Z (disparition, enquête, résolution ou non, etc.) car ce serait un roman. Il s’agit d’écrire un moment de la disparition d’un point de vue ou d’un autre, ou une conséquence, ou un effet collatéral…

(Et, bien sûr : le personnage parti chercher des cigarettes peut évidemment être une femme).

Juste pour l’ambiance, quelques petits souvenirs de disparitions et de retour pour cause d’allumettes, de cigarettes de bonnes raisons ou pour on ne sait même pas quoi… :

Pour la disparition, ou ses conséquences

Pour le retour, où la réapparition



Photo by Matthew Henry from Burst