Ecrire en ligne

Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Category: CatFev2015

Texte de Colette

Non.
Ça a été bref.
Ça a été sec.
Ça a été dur.
Ça a été violent.
Ça a été.

3650 jours. C’est beau. Là, c’était devenu long. C’était long. C’était juste long. En fait, c’était surtout long. Coïncidence ou fait exprès, le choix a été rapide. La décision, soudaine. Heureux. Ils le voulaient. Ils le semblaient. Ils se croyaient. Ils avaient été ? Chacun s’assujettissait silencieusement à l’autre. Jusqu’au jour où. Le jour. Ce jour. Elle a appelé. Elle a dit que c’était important. Il est venu. Ils ont parlé. Elle a dit Non. Il n’a rien dit. Elle a pleuré. Beaucoup. Il n’a rien dit. Il ne dit plus rien. Ils ne disent plus rien.

Comment faire face alors ? Se raccrocher ? A quoi ? Pourquoi ? Pour qui ? Le 28 février, leur vie était morte. Le 28 février, leurs vies étaient mortes. Elle le croyait. Vraiment. Elle sentait un caillot à l’entrée du péricarde. Entrée interdite. Pas la peine d’essayer.

Un jour.
Après.
Quelqu’un d’autre.

Une onde. Une voix. Un bruit. La voix. Celle qui l’avait toujours faite sourire. Son autre. Son double. Grave. Gutturale. Sûre. Elle connaît tout d’elle. De lui. Elle y songe. Elle appelle. Ils parlent. Elle écoute. Elle raccroche. Elle y pense. Souvent. Très souvent. Toujours.

Un regard. Deux boules à facettes. Miroirs de vies. Miroirs de sa vie à lui. Miroirs de leurs vies à eux. Miroir de leur vie à eux. Par cœur, elle les connaît. Chaque détail. Ça fait longtemps. C’était il y a longtemps. Ils ont grandi. Ils ont vieilli. Ils sont restés liés. Attachés.

Jusqu’à ce jour, elle n’était plus. Elle s’est rappelé qu’il lui avait plu. Il savait qu’elle lui plaisait. Longtemps, ils s’étaient passés à côté. Ils se sont finalement trouvés. Toujours s’étaient-ils aimés ?

Maintenant elle dit, parce que c’est lui, parce que c’est moi. Merci Montaigne.

Maintenant elle est.

Aujourd’hui,
C’est bien.
C’est intense.
C’est bon.
C’est intense.
C’est.
Ils sont.

Par Colette
Lorsqu’elle écrit Colette n’a pas d’âge…
Les mots s’enfilent comme des perles sur un collier…
Les textes qu’elle écrit ne vivent que sur l’écran de son ordinateur ou sur les pages de ses carnets.
Aujourd’hui, elle décide de se lancer un défi,
Elle a envie,
Elle a peur,
Elle est impatiente,
Elle imagine,
Elle est heureuse d’écrire, là, maintenant, tout de suite ; de penser à ce qui l’attend…

Texte de OldTimerSolognot

Comme chaque jour, j’arrive sur le quai de la gare RER de Savigny. Soudain, je l’aperçois au bout du quai, c’est elle, j’en suis sûr : l’amour de ma jeunesse ! Elle a ses beaux cheveux blonds, sa silhouette parfaite, ça ne s’oublie pas. Elle s’éloigne, je ne peux pas me retenir, j’appelle :

– Geneviève !

Elle s’arrête et se retourne, surprise. C’est elle, mais ça n’est pas elle. La fille étonnée qui est devant moi a tout juste vingt ans, j’en ai trente de plus. Mais elle répond, amusée :

– Moi, c’est Manon ! On se connaît ?

Je me confonds en explications oiseuses. Mais la glace est rompue, on attend notre train, en devisant sur la parité du yen et autres sujets cruciaux.

Chaque jour, on se retrouve. J’ai l’impression de revivre une histoire qui s’est terminé trop vite, trop tôt. On passe de l’empathie bon ton à un début de sympathie : quand l’un manque, l’autre s’en inquiète. On finit par se confier, comme des amis de toujours, ou pour le devenir. Elle a une sœur, une mère divorcée, la cinquantaine resplendissante, papa est un gros nul, maman est une femme superbe et très bien dans sa tête, et a un bon boulot. Je lui apprends que moi aussi, j’ai la cinquantaine, suis divorcé depuis quatre ou cinq ans, avec un bon emploi dans une banque, quartier Bastille.

Elle est belle, Manon, en plus ou à cause de la ressemblance. Parfois, il y a un peu de bousculade pour monter dans le train. Elle se plaque à moi, je suis troublé par son parfum et par la tiédeur de son corps, qui fini par percer nos vêtements. Ça chamboule dans ma tête. Je me mets à y croire. Un quinca et une jeunette, il n’y a pas que chez les acteurs de cinéma que ça se voit.

Le temps passe, je ne trouve pas le moyen de l’inviter, de commencer quelque chose ailleurs que chez RATP. L’année va se terminer comme ça, elle va obtenir son diplôme d’architecte, partir pour un ailleurs dont je serai exclu. C’est peut-être mieux.

Ce jeudi soir, elle est toute affolée : il y a grève, demain, elle doit apporter une maquette pour la présentation de son projet de fin d’études. Je mens :

– J’avais prévu d’aller à Paris en voiture. Si vous voulez, je passe vous prendre avec votre truc, mais il faudra partir environ trente minutes plus tôt !

– C’est vrai, vous pourriez ? C’est trop chou ! Bien sûr que oui !

Elle me claque un baiser. Je ne dors pas de la nuit.

Elle m’attend, très élégante dans un tailleur chic, avec un énorme carton à côté d’elle. Le temps de mettre le bagage dans le coffre, nous voilà partis, je vais tenter quelque chose. Sauf qu’elle est toute à sa soutenance : elle est intarissable, me détaille tout et le reste, je ne peux pas en placer une. Arrivés, à destination, j’ai droit à un deuxième baiser. Ça va devenir une habitude. Youpie !

La journée, complice, passe à toute vitesse. Déjà je suis à l’angle de la rue ou nous nous sommes donné rendez-vous pour le retour. Elle est radieuse, désirable, je suis tendu, infoutu de trouver quelque chose. Le trajet est comme celui du matin : elle n’arrête pas de commenter son métier, des origines à nos jours. À un moment, elle téléphone :

– Maman ? C’est moi ! Je suis major ! Champagne ! Oui !… Oui !… Non !… Oui ! Dis-moi : le gentil Monsieur qui me ramène, on peut l’inviter à partager une coupe ? Oui !… Dans vingt minutes, plus ou moins. À toute !

Elle réalise qu’elle ne connaît pas mon prénom, me le demande simplement :

– Paul, pour vous servir !

Bon, j’ai droit au champagne, ça se fait. En prime, on trouve à se garer juste en face de chez elle. Elle me prend par le bras. La marche nuptiale de Mendelssohn résonne dans le hall, ou dans ma tête. Il ne faut que quelques secondes au carrosse de messieurs Roux et Combaluzier pour me faire franchir les cinq étages qui me séparent du septième ciel.

On entre dans un appartement coquet, bien propre.

– C’est nous !

Une voix nous répond, je la connais.

– J’arrive, je prends les verres à champagne !

Là, j’ai un choc : Geneviève, la Geneviève, ma Geneviève vient d’apparaître, elle s’est immobilisée en me voyant.

Manon n’a rien vu de notre trouble, et effectue les inutiles présentations :

– Maman, je te présente Paul, qui a volé à mon secours aujourd’hui. Paul, je vous présente ma maman, Geneviève, on dit qu’on se ressemble comme pas possible !

Je suis statufié, pétrifié, pris en masse. Geneviève ne vaut pas mieux : elle laisse tomber le plateau, les flûtes de cristal fumé vont se fracasser sur le sol de l’entrée.

Certains disent que ça porte bonheur, d’autres pas.

Par OldTimerSolognot
J’ai découvert l’écriture il y a maintenant un peu moins de deux ans. L’addiction est venue assez vite. Trop tard pour reculer : un vrai coup de pot !

Texte de Groux

Elsa menait une vie trépidante entre Paris et New York. Entre ses amis, son travail, ses rencontres, elle ne voyait pas sa vie défiler. Elle s’enivrait de cette vie qu’elle n’avait jamais connue étant plus jeune, elle s’étourdissait dans des soirées toujours plus mondaines.

Et puis un jour, un appel. Elsa pâlit. Elle descendait un grand escalier de marbre, elle dû se raccrocher à la rampe pour ne pas tomber. Sa Mima, sa grand-mère qui comptait tant pour elle, qui l’avait quasiment élevée venait de décéder. Brutalement, sans prévenir. Elle se sentit soudain orpheline et eut l’impression d’étouffer.

Elle posa quelques jours de congés pour se rendre à l’enterrement. Cela faisait des années qu’elle n’était plus venue dans cette petite bourgade de Bretagne. Pas qu’elle y eut de mauvais souvenirs. Mais elle avait tellement voulu s’extraire de cette vie qu’elle trouvait morne et banale. Elle ne conservait des liens avec sa famille que par mails ou téléphone. Un sentiment de culpabilité la traversa en se disant qu’elle avait dû manquer à sa Mima. Elle l’invitait régulièrement à Paris, prétextant de meilleurs restaurants, de superbes spectacles à voir. Mais peut-être que sa grand-mère aurait préféré une soirée au coin de feu comme avant. Elsa secoua la tête et s’interdit de se laisser à ces mièvres sentiments.

Toute sa famille était réunie. Ils lui avaient manqué sans qu’elle ne se rende compte. Cela faisait du bien de se retrouver.

L’enterrement se passa, Elsa ne put retenir ses larmes.

Un repas de famille puis chacun repartit dans son quotidien, pressés de quitter ces moments plein de tristesse.

Elsa profita des quelques jours de congés qu’elle avait pour rester dans la maison de sa grand-mère.

Elle poussa attendrie la vieille porte d’entrée en chêne. Rien n’avait changé dans le salon. Tout était comme dans son souvenir. Le même papier peint. Les mêmes meubles. Cette odeur si caractéristique de son enfance qu’elle retrouvait dans chaque pièce.

Elle monta les quelques marches grinçantes qui menaient au grenier. La porte s’ouvrit dans un nuage de poussière. Elsa regardait ce bric-à-brac entreposé avec un sourire attendri.

Soudain, son regard fut attiré par un vieux coffre en bois. Son coffre aux trésors ! Là où elle rangeait tout ce qui lui avait été important. Elle l’ouvrit délicatement, dérangeant une araignée. Elle en sortit une vieille poupée aux grands yeux bleus. Quelques photos de son adolescence. Un livre corné à force d’avoir été lu. Ses premiers crayons de maquillage.

Tout d’un coup, sous sa main, un papier au toucher soyeux. Son cœur s’arrêta de battre un instant. Sans l’avoir encore vue, elle savait ce que c’était. Elle ne se rappelait pas l’avoir gardée. Elle pensait avoir enfoui tous ces sentiments au plus profond de sa mémoire mais il n’en était rien. Tout était aussi précis que dans le passé. Le cœur qui bat. La peau qui frémit à sa pensée. La moiteur de ses mains.

Délicatement, elle sortit la vieille lettre du coffre. A force d’avoir été pliée et dépliée, certains mots s’étaient effacés. Cela ne comptait pas. Elle la connaissait par cœur. La déclaration de sa vie.

Un flot de souvenirs remonta en elle. Elle se souvenait de ces bras puissants autour d’elle. De sa barbe naissante. De ses grands yeux noirs. De sa bouche gourmande. De sa peau au goût salé.

Elle ne se souvenait aussi que trop bien de son départ. Ses larmes. Ses cheveux qui s’emmêlaient au vent. Elle n’avait pas compris.

Sa famille n’était pas pour leur relation. Elle était trop jeune, il était trop inconnu au village. Ils l’avaient menacé. Pour la protéger, il était parti. Elle ne comprenait tout ça que maintenant. Elle avait juste crû qu’il l’avait abandonnée. Ses larmes se mirent à couler.

 

Elle eut soudain besoin de prendre l’air. Elle sortit marcher. Sans s’en rendre, ses pas la menèrent instinctivement sur le chemin qu’ils empruntaient ensemble. Elle continua jusqu’au sentier qui menait au phare. La nuit commençait à tomber. En contrebas, il y avait la plage de leur rencontre, de leur histoire. Avant qu’elle ne parte pour Paris, chaque année, elle était venue l’attendre ici. Espérant secrètement qu’il reviendrait. Puis elle s’était résignée et était partie, changeant complètement de vie. Coupant avec celle qu’elle avait été.

Cela faisait 10 ans aujourd’hui. Elle se demanda s’il était en train de penser à elle en cet instant.

Elle tourna la tête, le cœur soudain en émoi.

Au bord de la falaise, une silhouette dans la pénombre.

Il était là. Il l’attendait…

Par Groux

Texte de EmmaBovary

Madeleine islandaise

L’avion a atterri peu après minuit. Dernier vol du soir ou premier du matin. J’ai choisi d’être à la veille de quelque chose de nouveau. Nous avons traversé un aéroport fantomatique. Dehors, le froid m’a saisie, sans plus. Je n’ai rien perçu d’extraordinaire. Ou peut-être que si… Un sentiment heureux et fatigué à la fois.

Dans le bus qui nous conduit à Reykjavik, il y a encore trop de français pour que je réalise où je me trouve. Je colle mon nez à la vitre. Des miettes d’île se dessinent dans la lumière orangée des réverbères : roches noires aux formes singulières, lichens, sable gris et flaques de neige. De longs pans d’obscurité coupent le trajet. Je sais qu’il y a la mer d’un côté de la route, la plaine volcanique de l’autre.

Nous retrouvons les lampadaires à l’entrée de la ville. Le car me dépose dans le centre. Je dois faire quelques centaines de mètres pour arriver à la chambre d’hôtes. Les rues sont étrangement animées pour un milieu de semaine. Celle que j’emprunte monte vers le quartier 101. Un couple passe en me saluant. Je leur réponds d’un sourire. Je crois qu’ils m’ont souhaité bonne nuit.

La porte n’est pas fermée à clé. Les propriétaires m’ont avertie qu’ils seraient couchés. Sur la table de l’entrée, une petite lampe est allumée. Dans son halo chaleureux a été déposé à mon intention un mot, en anglais. A l’étage, la chambre est simple et accueillante. Sur le bureau m’attendent un thermos de « moka » et des biscuits au goût de gingembre. Pas le courage de défaire mes valises. Je m’endors à peine couchée.

Au matin, je remonte le store pour découvrir un bois de croix et d’arbres. A l’occasion d’une émission de radio, j’avais entendu un islandais raconter que le vieux cimetière de Reykjavik représentait la plus grande forêt du pays. J’ai voulu vérifier par moi-même. Ça et aussi les trolls et les aurores boréales.

La vue qui s’offre à moi m’apaise et ne me dérange pas. J’aperçois le mur rouge d’une maison. Un arbre torturé où pend une balançoire. J’entrouvre la fenêtre. L’air froid se mêle à un parfum inédit. J’aime déjà cette ville. Dans la douche, l’eau sent le souffre. Mon corps se réchauffe au contact des volcans.

Je tape un message rapide sur mon smartphone : « Suis bien arrivée, ne t’inquiète pas. Embrasse les enfants pour moi. Mia ». Une fois l’appareil éteint, je le glisse au fond de ma valise, avec l’intention de ne pas le rallumer avant plusieurs jours. Je sais ce qui se dit dans mon dos. Mais ce voyage compte pour moi. Et Victor, ravi de ce « tête-à-tête » avec les enfants, ne s’y est pas opposé.

Je m’offre le droit d’être seule, après plusieurs années passées à construire une famille. J’ai besoin de renouer avec des sensations perdues. De retrouver une part de moi qui s’est endormie. Une semaine, c’est court. Alors, j’ai fait le choix d’un pays que je connaissais peu.

Dans la cuisine familiale, j’avale un petit-déjeuner colossal : œufs au bacon, skyr, pain, confitures, charcuterie et céréales… Mes logeurs se réjouissent de mon appétit, tandis que mes fringales adolescentes me reviennent en mémoire.

Une fois dehors, je longe le cimetière en direction du lac Tjörnin. Je ne fais que traverser le centre-ville. J’ai envie d’aller marcher sur le port. De voir en vrai la montagne dont tout le monde parle. La circulation est dense sur le boulevard. De l’autre côté, la silhouette de l’Harpa, salle de concert ultra-moderne, se découpe sur le gris du ciel. Passé le bâtiment, s’ouvre enfin la baie, dominée par le Mont Esja. Une couronne de neige nimbe le massif.

Ma balade n’a rien d’une aventure. Pourtant, je ressens soudain un immense sentiment de liberté.

Je n’entends plus rien. Je ne me demande plus de quoi sera faite ma journée. Je n’ai plus besoin de penser pour quelqu’un d’autre. Je m’éloigne des touristes qui gravitent autour du port. Je n’ai qu’une envie : marcher en fixant la montagne massive. Pour aller voir plus loin ce qui s’y trouve. Et marcher hors de mes sentiers battus.

Des flocons commencent à tomber. Sous mes pieds, le sol islandais paraît me transmettre une force séculaire. La ville n’existe plus autour de moi. J’ai l’impression d’être revenue au creux de mon enfance, ce jour où j’ai ouvert les pages de mon premier Jack London. Lire était devenu mon voyage. J’étais devenue Buck, le chien et le loup.

Aujourd’hui est une nouvelle première fois. Chaque pas me donne l’impression d’avancer dans les pages d’un livre. Je me sens libre de découvrir un nouveau monde.

Par EmmaBo

Texte de Séti

La vie est un éternel recommencement… Tant que nous ne prenons pas conscience des choses : « ce qui n’est pas dit n’existe pas » (Lacan), l’inconscient porte parfois, de génération en génération, le lourd poids des secrets et des non-dits… Si la maison se donne en héritage, les secrets de famille également… Devons-nous pour autant rester prisonniers de nous-mêmes et se contenter de subir l’enfer du retour incessant du passé dans nos vies ?

Je m’appelle Louise et le passé est revenu dans ma vie aussi sournoisement que l’eau qui s’infiltre dans le mur, le rendant peu à peu poreux, envahissant chaque pouce jusqu’à faire tomber en lambeaux la peinture qui le recouvre…

Aussi loin que remonte mes souvenirs, j’ai toujours eu une imagination débordante. Ma mère avait l’habitude de me dire que cela finirait par me jouer des tours. Petite, j’avais un ami imaginaire, Hugo. Il était aussi brun que j’étais blonde et aussi sage que j’étais espiègle, si semblable et, à la fois, si différent… Enfant unique, j’avais trouvé en Hugo le partenaire de jeu idéal, le dépositaire de mes secrets, l’épaule sur laquelle j’aimais appuyer ma tête, le seul en mesure de partager mes joies comme mes peines d’enfant.

Quand le monde des adultes paraît si difficile à appréhender, l’imaginaire permet de suppléer à l’angoisse engendrée par l’incompréhension.

Bref, les jours heureux de ma jeunesse semblaient liés aux moments partagés avec mon ami imaginaire. Mais un jour, je m’en souviens encore, je devais avoir à peine 4 ou 5 ans, ma mère est venue me voir. J’étais dans la salle-de-bain, m’appliquant à me nettoyer les dents, lorsqu’elle est entrée. Ma mère m’a toujours impressionnée, ce jour-là encore plus qu’un autre… Il y avait chez elle comme une tristesse latente, une mélancolie qu’elle portait en elle comme les bagnards portaient leurs chaînes, contraints et forcés. A contrario, cette nature dolente pouvait, tel un orage éclatant dans un ciel sans nuages, entrer subitement dans les états émotionnels les plus surprenants, déstabilisant par là même les plus aguerris et les plus avertis à ses coups d’éclats. Elle m’a dit que j’étais trop grande, maintenant, pour avoir encore un ami imaginaire…Qu’il fallait que je l’oublie…Qu’il n’avait jamais existé et qu’elle ne voulait plus jamais que j’en fasse référence et elle est sorti.

20 ans ont passés, je suis maintenant, moi aussi, en voie de donner la vie. Tout cela est bien loin derrière moi, j’ai tourné la page, du moins c’est ce que je me plais à croire. Je me suis éloignée d’elle, de sa toxicité qui m’empoisonnait peu à peu. J’ai cru que le temps et la distance serait la meilleure thérapeutique mais, ironie du sort, c’est mon nouvel état qui me ramène, malgré moi, vers elle, vers ma mère, vers mon passé.

Tout a commencé par une échographie. Nous étions si excités…notre premier enfant…le fruit de notre amour. Lorsque le médecin nous a annoncé que j’attendais des jumeaux, un coup de massue de nous aurait pas mieux assommé ! Comment était-ce possible ? Il n’y avait aucun antécédent, d’un côté comme de l’autre. Je suis jeune, nous n’avons pas eu besoin de recourir à la fécondation in vitro ?! C’est alors que le médecin nous a conseillé d’enquêter auprès de nos proches afin d’enlever tout doute.

Ma mère, cet être que je n’avais jamais réussi à cerner, allait tout d’un coup m’apparaître sous un jour nouveau. A croire qu’elle n’attendait que ça, ce déclencheur, pour se purger, pour extraire du plus profond d‘elle-même ce lourd secret qui l’a rongeait années après années.

Je n’ai jamais eu d’ami imaginaire mais un frère jumeau : Hugo. Il est mort, accidentellement.

Ma vie a été bâtie sur un mensonge, ma mère en a été l’artisan, inconsciemment je l’ai su…je l’ai cru…c’était ma mère, celle en qui j’avais toute confiance. Quel enfant douterait de sa mère ? J’ai cru son mensonge, peut-être était-ce plus facile pour moi aussi ? Peut-être a-t-elle voulu m’épargner la douleur qu’elle a ressentie ? Il est plus facile de faire le deuil d’un ami imaginaire que celui d’un frère, jumeau de surcroît. Elle n’a pas eu la force d’affronter sa disparition et encore moins ses conséquences sur moi. Elle a préféré ce mensonge, qui suis-je pour la juger ? Elle a voulu m’épargner et si je l’ai fui, c’est avant tout parce que je l’a sentait se noyer peu-à-peu m’entraînant malgré moi dans son sillage.

Elle nous a enfermées toutes les deux dans son mensonge et, pour cela, je lui en veux. A travers son aveu, elles nous délivrent et, par là même, obtient sa rédemption.

Un avenir nouveau s’offre à moi, à mes enfants, à ma mère…

Par Séti

Texte d’Ariane – février 2015

– Un Bloody Mary pour moi. Et toi, Sabine ?

Bloody Mary. Vodka. Jus de tomate. Jus de citron. Tabasco. Piment. Sel. Poivre.
De quoi se donner du courage. Du peps. Une gorgée. « Faites vos jeux ». Le tic-tac de la montre du croupier. Le trac. Les regards sur moi. Et oui, mesdames et messieurs, j’ose ! Une gorgée. 36. Mon chiffre fétiche. Sur lequel je me suis garée en arrivant. La place était libre, pour une fois. Si ça, c’est pas un signe. Il n’y a pas 36 solutions. Faut que je me refasse. Je vais me refaire. J’ai tout misé. Une gorgée. Racheter mon deuxième crédit à la consommation. Retrouver mon appartement. Une gorgée. François reviendra. Ce ne sera qu’une formalité… Rouge. La couleur de l’amour. Pair. Comme un couple. Avec ça, si je ne gagne pas… « Les jeux sont faits. 36 rouge pair et passe ». Une gorgée. La bille qui tourne. Le silence dans la salle. Le tac-tac de la bille. L’adrénaline. Je peux tout perdre. Je peux tout gagner. La bille qui tourne. La gorge serrée. Ma vie va changer dans quelques secondes. Mon destin confié à une bille. « Rien ne va plus ». Non, rien ne va plus. La bille qui tourne. L’angoisse monte. Je ne respire plus. La bille qui entame son quatrième tour de la roue. Le temps est suspendu. Une gorgée. La bille qui ralentit. François serait là, il me dirait : « te fais pas de bile ». Humour pourri. Jeux de mots pourris. Mais je souris. La bille qui s’arrête. Je le savais ! Je le sentais ! C’est mon jour !! Aujourd’hui, je remonte la pente !! Le premier jour du reste de ma vie !!! Une rasade pour fêter ça !!! « 11 noir impair et manque ». Quoi !?! le 11 !?! Cette satanée bille a rebondi. Une case. Une pauvre case de rien du tout. Le croupier range mes plaques. MES plaques ! 36. 36 chandelles.

– Sabine, qu’est-ce que tu bois ?

Bloody Mary. Vodka. Jus de tomate. Jus de citron. Tabasco. Piment. Sel. Poivre.
Le barman m’offre un dernier verre. Bloody Mary. Sortir. Vodka. Besoin d’air. Poivre. Ce n’est pas possible. Tomate. Plus d’essence. Piment. La voiture qui s’arrête. Vodka. C’est un cauchemar. Tabasco. Le bas-côté. Sel. Je vais me réveiller. Le froid. Vodka. Ce n’est pas la vraie vie. Jus. De. Citron. Les urgences. « Vous étiez en hypothermie. Vous avez failli y passer. Mais pourquoi ne pas avoir demandé de l’aide ? » Demander de l’aide. M’en sortir. Ne plus recommencer. « Un proche à contacter ? » Un proche. François. François m’aidera. Comment j’ai pu tomber aussi bas ?

– Hé ho Sabine ! tu rêves ?

Bloody Mary. Vodka. Jus de tomate. Jus de citron. Tabasco. Piment. Sel. Poivre.
Humiliée. Je suis humiliée. Rouge de honte et saignée à blanc. Pressée comme un citron. Qu’est-ce qui m’est arrivé ? François m’a aidée. Il m’a fallu comprendre. Le psychologue tous les samedis. Son dernier cadeau… Il ne m’a jamais pardonnée. L’addition fut salée. Amère. Ma vie est devenue moins pimentée. Me lever. Arrêter les mensonges. Le grain de folie, c’est fini. Comprendre. Eviter les tabacs. Effacer l’adrénaline, l’espoir, l’angoisse. Me reconstruire. Travailler. Ne pas replonger. M’efforcer d’oublier. Poursuivre mon chemin. Rembourser mes emprunts. Ne plus y penser. Mettre un peu d’argent de côté. Le temps qui passe. Continuer. Les cheveux poivre et sel. Avancer.

– Sabine ! Ça va ?!

Bloody Mary. « Mary la sanglante ». Cocktail qui doit son nom à Marie Tudor, reine d’Angleterre sanguinaire. 4 cl de vodka. 12 cl de jus de tomates. 0.5 cl de jus de citron. 2 gouttes de Tabasco. Piment de Cayenne. Sel de céleri. Sel. Poivre. Glaçons.

– Heu, désolée… Un martini blanc, s’il vous plait. Avec des glaçons.

La roue qui tourne.

Par Ariane
Bonjour à tous ! 
Après 10 ans sans prendre la plume, je me lance dans une nouvelle aventure !

Texte de Nolwenn

Revanche ?

Cléo est en retard. Il fait -12°C. Elle a oublié ses gants. Heureusement la soirée s’annonce sympa. Ses amies l’attendent à l’Univers, leur QG d’avant qu’elles deviennent des femmes-mariées-avec-enfants-et-carrière. Leur dernière soirée filles remonte à … au moins tout ça. Elles étaient presque hystériques en s’échangeant des mails pour l’organiser. Réunir les cinq, la même soirée, dans la même ville n’a pas été facile, elles comptent bien en profiter !

Aaaah… chaleur, odeur de bière, Asaf Avidan dans l’air et les petits cris suraigus des copines qui l’aperçoivent. On se croirait dans Friends, quand les anciennes amies de Rachel se pointent au Central Perk. Une caïpirina en main. Bonheur.

Tiens, une tête douloureusement familière assise au bar. Thomas. Avec 20 ans de plus. Il l’a regarde, ses yeux s’agrandissent, il sourit, se lève. Et merde ! Pourquoi ce soir, ici, maintenant ? Ah oui c’est vrai, elle lui a fait découvrir ce lieu, un jour. Renonçant à s’esquiver, elle prévient ses amies que M.Salop arrive. QUOI, comment, où… ah bonjour Thomas. Il s’approche et claque deux bises à chacune. Son parfum. Le même. Toujours troublant.

« Alors les filles, vous devenez quoi ? » Qu’est-ce qu’il fait ce petit con ? Ne se souvient-il pas que toutes les femmes ici présentes le détestaient ? De la façon dont on déteste un pauvre type quand on a 20 ans et qu’il a fait beaucoup de mal à votre amie. Cléo hésite. L’étrangler ou être courtoise ? Après tout, c’est loin. Elle a tourné la page. Elle est devenue une femme accomplie. Elle n’a pas besoin de revanche. Ce serait petit. Mesquin. Immature.

« Je suis désolé, je dois aller retrouver mon frère. Cléo ça te dirai d’aller boire un café un de ces quatre ? » Elle le regarde au fond des yeux et dans sa tête, le dialogue qu’elle a répété tant de fois refait surface. Pour quoi faire Thomas ? Pour être amis ? On n’a jamais réussi à l’être. Tu m’as dis de jolies choses que j’avais besoin d’entendre.Tu m’as fait croire que quelque chose serait possible entre nous. Mais tu as piétiné mes sentiments. Tu t’es servi de moi pour te rassurer. Tu claquais des doigts et j’arrivais. La seule à ne pas savoir que j’étais ton amante c’était ta gonzesse. Je t’aimais et je te haïssais. Tu n’as jamais eu le courage de mettre fin à tout ça, pauvre lâche ! Quand j’essayais, tu revenais toujours. J’étais faible. Comment un mec aussi beau pouvait-il s’intéresser à moi ? Il va forcément larguer sa copine avec qui il n’est pas heureux. Sinon il n’agirait pas comme ça. Trop conne oui. J’étais novice dans l’art d’aimer et tu m’as détruite ! Tu sais qui a payé les pots cassés de cette année destructrice ? Mon mari actuel. Il s’est accroché aux branches… Stop, stop, stop, ça fait 20 ans Cléo, lâche l’affaire.

« Pardon, je n’ai pas bien entendu à cause du bruit, tu voulais quoi ? »

« ça te dirai d’aller boire un café un de ces quatre ? »

« Pour quoi faire ? Tu t’emmerdes avec ta femme et tu as besoin de distraction ? Désolée mais   j’ai arrêté les hommes qui ont un problème avec leur virilité. Salut Thomas et bonjour à ta femme. »

Cléo se rassoit. Les filles éclatent de rire. C’était petit. Mesquin. Immature. Mais putain ça fait du bien !

Par Nolwenn
Aime lire, raconter et écrire des histoires depuis… (ne s’en rappelle pas c’est trop loin). Devenue journaliste de presse écrite pour en partager. Dans ses rêves les plus fous, serait conteuse et écrivaine. Y travaille…

Texte de Clamoiselle

Dimanche matin. L’hiver ne baisse pas les bras en ce 8 février. J’aime les étoiles que le givre dessine sur les fenêtres de la cuisine. Je devrais sans doute m’habiller, mais l’idée même de quitter la douceur et la chaleur de mon pyjama me donne des frissons. Ma tasse de café brûlante entre les mains, je reste debout et j’observe le jardin à travers le prisme de la glace. Ajoutée à cela, La buée au dessus  ma tasse trouble encore plus ma vue. Pourtant, je ne rêve pas, j’en suis certaine: la balançoire bouge doucement, à rythme régulier. Il y a longtemps qu’elle n’a plus servi et pourtant les cordes ne grincent même pas. Les enfants ont grandi, les petits-enfants ne passent plus me voir que pour leur anniversaire ou leurs étrennes. Je n’ai jamais pu me décider à l’enlever. Elle fait partie du paysage, ancrée depuis si longtemps dans la branche devenue bien épaisse du marronnier et dans notre vie.

Je pose mon front sur le carreau, le froid descend tranquillement le long de ma nuque, glisse sur mes reins, remonte dans mes bras. Et là, je l’aperçois. Que peut-elle bien faire dehors un dimanche matin par ce temps-là. Elle regarde vers la maison, son regard effleure le mien dans un sourire. Elle porte une robe fleurie à manches courtes qui lui arrive aux genoux. Ses sandales à brides rouges ne sont pas du tout adaptées à la saison. Pourtant elle à l’air tout à fait à l’aise et se hisse avec aisance sur la balançoire. Je fouille dans le désordre de ma mémoire. Je suis certaine de la connaître, pourtant tous les voisins ont mon âge et aussi peu de visite que moi. Elle se balance de plus en plus haut. Je devine son cri de joie mêlée de crainte quand le ciel s’apprête à l’avaler. Mon café est froid maintenant. Je tremble un peu dans mon peignoir mais même ankylosée je ne quitte pas mon poste d’observation. Je ne veux pas perdre cette petite fille des yeux, ça pourrait être dangereux. Elle continue à voler dans les airs en riant, heureuse et insouciante. Le froid s’empare de mon cœur, je la reconnais. Je voudrais l’appeler mais aucun son ne sort de ma gorge noyée de larmes. Émilie. Bien sûr, c’est Émilie ! Je lui avais acheté cette robe pour son anniversaire. Tout en brossant ses longs cheveux châtains dorés en une longue tresse je lui disais que pour ses cinq  ans elle avait droit à une vraie robe de demoiselle. Ses yeux brillaient de fierté pendant que je lui mettais ses jolies sandales rouges. Qu’elle était jolie, ma petite Émilie. Espiègle et désobéissante mais au sourire désarmant.

Je me souviens, c’était un samedi de mai. Malgré la douceur printanière, l’herbe perlait encore de rosée. Émilie est sortie en courant, fière et débordante d’enthousiasme dans sa nouvelle robe. Je lui avais crié d’attendre encore un peu. Elle allait abîmer ses nouvelles sandales dans toute cette humidité. D’ailleurs, ses amies n’arriveraient pas avant 11h. Mais Émilie était pressée et tellement heureuse. J’ai cédé et l’ai laissée jouer dehors. De la cuisine où je préparais les boissons fraîches et la salade de fruits, je la voyais voler toujours plus haut sur la balançoire. Son rire plein de hoquets de joie couvrait les vieilles chansons françaises qui passaient à la radio. C’était un programme nostalgique avec toutes ces vielles chansons que chacun trouvait un peu désuètes mais fredonnait malgré tout. Je me souviens, il passait justement « La folle complainte » de Trenet. Quelle drôle d’idée, cette chanson triste, me suis-je dit, alors que j’avais le cœur tellement serein.

Oui, je me souviens de ce matin si précieux. Comme aujourd’hui, j’avais posé mon front sur la fenêtre, surprise de ne plus l’entendre. Comme aujourd’hui j’ai vu la balançoire vide danser à rythme régulier. Comme aujourd’hui, ma tasse a éclaté en mille morceaux en tombant sur le carrelage. Comme aujourd’hui je l’ai appelée, j’ai crié, j’ai hurlé.

Mais aujourd’hui, je sais. Mon amour n’a rien pu y faire, Émilie s’est envolée ce jour-là. Aujourd’hui je laisse le froid pénétrer mon cœur et je laisse mon corps s’écraser en mille larmes sur le carrelage de la cuisine. On ne l’a jamais retrouvée, j’ai cessé de l’attendre. Ce matin de février, dans les étoiles de givres sur les fenêtres de la cuisine, elle m’est revenue. Mon cœur s’apaise et s’engourdit. Mon sourire retrouve le sien, ma main caresse ses cheveux. Et je la serre contre mon cœur éteint, enfin heureuse.

Par Clamoiselle
Passionnée par les mots, l’écriture, j’ai « appris » à écrire en atelier avec un homme formidable, issu du réseau Kalame, qui animait un atelier amical, Marcel Oriane.
Mes nouvelles sont sur un blog wordpress, ouvert à mon pseudo.

Proposition 02/2015

Bonsoir, 

Voilà, comme prévu, nous sommes dimanche soir et l’atelier prend fin. Les commentaires ont été clos sur l’ensemble des textes, mais vous gardez bien entendu la possibilité de les consulter. 

Merci à tous pour votre participation à ce riche atelier! J’ai pris un grand plaisir à tous vous lire, et à échanger avec vous.

Pour ceux qui le souhaitent, le prochain atelier commencera le 6 mars, et les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes. 

Bonne fin de soirée et bonne continuation à vous tous!

 

Gaëlle

***

Il y aura toujours un couple frémissant

Pour qui ce matin-là sera l’aube première


Il y aura toujours l’eau le vent la lumière


Rien ne passe après tout si ce n’est le passant




 

En février, il fait froid, et quand il fait froid, j’ai besoin des poètes pour me tenir chaud. Je vous propose donc ces quelques vers d’Aragon comme préambule à la proposition d’écriture de ce mois-ci.

Et puisque le grand Louis prétend qu’au fond « rien ne passe », je vous propose de mettre en scène un personnage confronté à la résurgence, dans sa vie, de quelque chose ou quelqu’un qu’il pensait justement « passé », et qui ne l’était finalement pas. Est-ce un trait de caractère enfoui, un objet embarrassant, est-ce au contraire un amour de jeunesse retrouvé avec bonheur… ? A vous de voir. Cette résurgence peut tout aussi bien être positive, que négative, pour votre personnage. C’est vous qui le déciderez. A vous aussi de décider à quelle occasion cette résurgence se fera, et ce qui la déclenchera.

Et comme février est aussi le mois le plus court de l’année, je vous propose en plus un petit « défi » concernant la forme de votre texte. Essayez de privilégier des phrases courtes (comme le mois de février, donc). Trouvez votre rythme et conservez la dynamique de votre texte, sans vous laisser emporter dans de longues phrases descriptives. A vous de voir l’idée que vous vous faites d’une phrase « courte », personne n’ira compter les mots… ! Disons simplement que Marcel Proust n’est pas convié à cet atelier.

Bonne écriture à tous !

 

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