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Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Category: Melle47

Texte de Melle47 – « Chose inachevée… »

Je sors les écouteurs de mes oreilles, les gardes serrés dans ma main. J’avance doucement la tête et pose le front sur le carreau lisse et froid.
Non, cette musique, je ne peux la laisser m’envahir de nouveau. Le son s’est tu, brusquement enfermé dans mon poing posé sur le bord de la fenêtre. Mes yeux me piquent. Je n’ose les fermer de peur que ne déborde quelque chose qu’une fois de plus je ne parviendrais pas à refouler.
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Texte de Melle47 – « J’ai peur… que l’on m’oublie ! »*

Quand je suis née, je n’étais qu’une petite chose fragile, dégingandée, grande et filasse.
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Texte de Melle47 – « Gorilles, portraits intimes… » *

Bip, bip, bip… Une grosse paluche se soulève pour s’aplatir lourdement sur le réveil. Un grognement l’accompagne. Puis la couette se déploie.
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1898 [Août] – Madeleine et Armand – « Août 1898…. » – par Melle47

Madeleine jette un œil à gauche puis à droite avant de se lancer pour traverser la grande rue de Chaville qui relie Paris au château de Versailles. Tout n’est ici que brouhaha. Les calèches se succèdent dans un grondement infernal de roues et de sabots. Les sonnettes des vélos raisonnent, tandis que le petit vendeur de journaux s’époumone pour écouler son quotidien.
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Texte de Melle47 – « Le cousin des villes & la cousine des champs » *

« Bon d’accooooord, je viens ! ». C’est dans ces termes que j’ai mis fin à l’échange téléphonique avec mon cousin il y a trois jours.
Pfff… Depuis, je ne suis que grommellements et humeur bourrue. Il me faut quitter mon havre de paix. Je ferme la porte du salon, non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à la cheminée dans laquelle rougeoies encore les braises du feu d’hier. Soupir ! Je donne un tour de clef et plonge dans ma poche la lourde clef de mon royaume perdu en pleins champs. Je me retourne, admire le paysage tranquille, respire à pleins poumons l’air frais du matin. Autour de moi, l’hiver étend son blanc manteau immaculé dans un silence magistral dont je me gargarise avant de faire tousser ma vieille 2CV, direction la gare du village voisin.

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Texte de Melle47 – « Hiver 1949 » *

Le rideau autour de mon lit d’hôpital s’ouvre dans mon dos. Je sors de ma torpeur au son léger du frottement des anneaux de métal sur la tringle. Comme si l’infirmière cherchait à faire le moins de bruit possible. Elle est charmante mais je n’ai pas du tout envie de parler. Je retiens mon souffle, continue à faire semblant de dormir. Elle se penche par-dessus mon large dos qui fait le rond pour s’enfoncer, plus encore, dans ce lit mœlleux. Si vous saviez… J’en ai rêvé si longtemps. Dormir sur un vrai matelas, dans des draps qui sentent le propre. Pourtant, ici, cette vaste salle commune d’hôpital, ça n’est pas vraiment un cinq étoiles. Son souffle ténu chatouille ma joue malgré la barbe qui l’isole. Je me crispe. Cette tranquillité souhaitée, je sens que ça n’est pas gagné. Elle pose une main sur mon épaule, me secoue doucement :

« Monsieur George, il faudrait vous réveiller. Quelqu’un est là, qui souhaiterait vous parler. »

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Texte de Melle47 – « À la croisée des chemins » *

Je n’arrive plus à dormir… Comme depuis déjà quelques temps, aux petites heures du matin le sommeil m’a lâché. Je me lève sans faire de bruit. Surtout, ne réveiller personne. J’enfile le grand pull irlandais de mon homme, me noie dedans. J’aime son odeur. Je descends à pas de loup, me fais couler un café, enfonce mes pieds nus dans mes bottes fourrées, en apprécie la douceur. J’ouvre le volet, me glisse dehors emportant avec moi mon mug et mes écouteurs. Je m’en vais tout au bout du terrain, laisse derrière moi la maison, m’isole dans ma tristesse.

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Texte de Melle47 – « Le destin de Charles » *

Charles était un petit garçon tout à fait ordinaire. Son maître à l’école le grondait bien de temps à autre pour un peu d’impertinence ou une leçon mal apprise, mais pas plus qu’un autre élève de sa classe. A la maison, son père docteur recevait ses patients au rez-de-chaussée de la haute demeure familiale, il ne fallait donc absolument pas courir dans les escaliers, crier ou faire de bruit. D’accord, il lui arrivait, là aussi, de se faire tirer l’oreille de temps à autre pour un galop involontaire dans l’escalier ou un vrombissement de moteur échappé du fond de son ventre lorsque, pris dans l’action, il conduisait son avion de chasse le long des couloirs. Mais là encore, il n’était pas, ni grondé, ni puni, davantage qu’un autre. Il faut dire que Charles était fils unique, alors, la plupart du temps il se tenait assis par terre le dos appuyé sur son lit à lire ou à gribouiller bien sagement.
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Texte de Melle 47 – « L’infini des possibles… » *

Au bout d’une plage, quelques rochers polis, abandonnés par les vagues. C’est marée basse. Pas une mouette. Pas de coucher de soleil flamboyant. Pas de ciel bleu. Juste une mer triste qui joue mollement du bout des vagues avec l’écume indolente, sous un ciel gris-bleu où s’ennuient quelques nuages. À moins que ça ne soit l’inverse, finalement haut, bas, tout s’assemble, et se ressemble.

Je m’assieds sur un gros rocher, resserre mon gilet couleur pierre mouillée, entoure mes jambes et pose mon menton sur mes genoux. J’ai froid, j’ai toujours froid. J’aime ces instants de calme où les souvenirs remontent doucement. Aujourd’hui, c’est mon Papeil qui s’invite dans ma bulle. Mon grand-père à moi, de son vrai nom Henri, était un grand homme aux cheveux blanchis mais toujours impeccablement coiffés en arrière. Une tête bien droite. Un regard perçant au-dessus d’un puissant nez d’aigle. Un homme impérieux, intègre. Un forçat du barreau qui ne s’exprimait jamais que dans un français hors d’âge, bourré d’adjectifs ponctuant de longues phrases compliquées, comme si chaque conversation, même banale, était une plaidoirie.
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Texte de Melle47 – « Du bleu plein les yeux » *

« Non, non, non, mais c’est pas possible ! Je rêve là. »

Oups, la belle est entrée, plus belle que jamais serrée dans son joli slim en jeans bleus pastel. Mais là, vraiment, que dire ? Elle vient de lâcher sa grande besace bleue qui tombe lourdement au sol. Elle écarte les bras comme pour embrasser l’espace puis cache tout à coup son visage. Mince, ses yeux, bleu orage, viennent de disparaitre derrière ses mains, je ne vois plus qu’une masse de cheveux bouclés couleur soleil dans un ciel bleu d’été printanier. Elle a l’air franchement énervée. Pourquoi ?
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Texte de Mlle47 *

« Merde… Putain de fourmis ».

Je me redresse d’un coup dans mon lit et frotte furieusement mes avant-bras comme pour en chasser des milliers d’insectes grouillants, mais pourtant invisibles, qui courent sous ma peau.

Je grogne : « Non, pas aujourd’hui, vous m’aurez pas ! »

Je lève le nez, respire un grand coup et termine de balayer, non pas un cauchemar, mais bien le reste d’une incontrôlable hallucination. Il fait encore nuit, dehors le vent souffle fort. On est en plein mois de décembre. A mes côtés Elfy, réveillée par mon remue-ménage, s’étire. Elle est déjà au taquet.

« Mince alors, je lui fais en lui grattant l’oreille. J’ai plus qu’à me lever. Faut te sortir ma jolie. La flemme ! »

Je m’extirpe de la couette, enfile vite fait un jogging et un sweat. J’enroule la longue écharpe rouge que ma belle Alice a oublié là ce week-end. Je zippe mon anorak jusqu’en haut, enfile mes baskets en sautillant sur le pas de la porte, chope les clefs de l’appart, attache la bête et claque la porte.

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