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Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Category: Melle47 (page 1 of 2)

Texte de Melle47 – « Choisir la bonne clef… » *

Je rentre la tête dans les épaules, crispe la mâchoire, serre tellement fort les yeux qu’une larme en jaillit. Je peux sentir ce que Martin va prendre. J’ai mal pour lui…
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Texte de Melle47 – « Les deux font la paire… » *

Je lui tape légèrement mais sèchement le dos de la main pour lui faire lâcher prise.
« Aïeuhhh… T’es pas obligée de me taper dessus ! » Ma fille ronchonne. Secoue la main. Cette ado, tout dans l’excès…
« Mais enfin… Tu es sans cesse en train de la tripoter. Et puis, tu m’épuises avec tes incessantes questions… Pourquoi, pourquoi, pourquoi… »
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Texte de Melle47 – « Noir, noir, noir et encore noir… » *

« Salut frérot ! »
Je claque la porte de l’appartement comme chaque soir pour me faire entendre par-dessus l’indispensable PS4. Je lâche mon sac à dos près de la porte d’entrée. Laisse glisser ma parka par-dessus. Ça caille dehors et il fait déjà nuit noire. Je déteste l’hiver. J’avance… L’atmosphère est une fois de plus étouffante.

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Texte de Melle47 – « Chose inachevée… »

Je sors les écouteurs de mes oreilles, les gardes serrés dans ma main. J’avance doucement la tête et pose le front sur le carreau lisse et froid.
Non, cette musique, je ne peux la laisser m’envahir de nouveau. Le son s’est tu, brusquement enfermé dans mon poing posé sur le bord de la fenêtre. Mes yeux me piquent. Je n’ose les fermer de peur que ne déborde quelque chose qu’une fois de plus je ne parviendrais pas à refouler.
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Texte de Melle47 – « J’ai peur… que l’on m’oublie ! »*

Quand je suis née, je n’étais qu’une petite chose fragile, dégingandée, grande et filasse.
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Texte de Melle47 – « Gorilles, portraits intimes… » *

Bip, bip, bip… Une grosse paluche se soulève pour s’aplatir lourdement sur le réveil. Un grognement l’accompagne. Puis la couette se déploie.
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1898 [Août] – Madeleine et Armand – « Août 1898…. » – par Melle47

Madeleine jette un œil à gauche puis à droite avant de se lancer pour traverser la grande rue de Chaville qui relie Paris au château de Versailles. Tout n’est ici que brouhaha. Les calèches se succèdent dans un grondement infernal de roues et de sabots. Les sonnettes des vélos raisonnent, tandis que le petit vendeur de journaux s’époumone pour écouler son quotidien.
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Texte de Melle47 – « Août 1898… »

Août 1898
Veuve, 95 000 francs, bien sous tous rapports, 50 ans (fils 12), désire mariage homme distingué, aisé, généreux. Pas d’intermédiaire. Écrire pour le 6, Mme Henery, poste restante, Chaville (Seine-et-Oise).
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Texte de Melle47 – « Encore & encore… » *

Je me lève. Il fait déjà froid pour un début septembre. Chaque année, un peu plus froid à la même période. Comme si le soleil n’en pouvait plus de chauffer notre vieille terre. Je m’ébroue dans un long frémissement. Je roule mon sac de couchage. Rassemble mes affaires. Faut pas traîner le matin dans ce quartier.
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Texte de Melle47 – « Le cousin des villes & la cousine des champs » *

« Bon d’accooooord, je viens ! ». C’est dans ces termes que j’ai mis fin à l’échange téléphonique avec mon cousin il y a trois jours.
Pfff… Depuis, je ne suis que grommellements et humeur bourrue. Il me faut quitter mon havre de paix. Je ferme la porte du salon, non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à la cheminée dans laquelle rougeoies encore les braises du feu d’hier. Soupir ! Je donne un tour de clef et plonge dans ma poche la lourde clef de mon royaume perdu en pleins champs. Je me retourne, admire le paysage tranquille, respire à pleins poumons l’air frais du matin. Autour de moi, l’hiver étend son blanc manteau immaculé dans un silence magistral dont je me gargarise avant de faire tousser ma vieille 2CV, direction la gare du village voisin.

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Texte de Melle47 – « Hiver 1949 » *

Le rideau autour de mon lit d’hôpital s’ouvre dans mon dos. Je sors de ma torpeur au son léger du frottement des anneaux de métal sur la tringle. Comme si l’infirmière cherchait à faire le moins de bruit possible. Elle est charmante mais je n’ai pas du tout envie de parler. Je retiens mon souffle, continue à faire semblant de dormir. Elle se penche par-dessus mon large dos qui fait le rond pour s’enfoncer, plus encore, dans ce lit mœlleux. Si vous saviez… J’en ai rêvé si longtemps. Dormir sur un vrai matelas, dans des draps qui sentent le propre. Pourtant, ici, cette vaste salle commune d’hôpital, ça n’est pas vraiment un cinq étoiles. Son souffle ténu chatouille ma joue malgré la barbe qui l’isole. Je me crispe. Cette tranquillité souhaitée, je sens que ça n’est pas gagné. Elle pose une main sur mon épaule, me secoue doucement :

« Monsieur George, il faudrait vous réveiller. Quelqu’un est là, qui souhaiterait vous parler. »

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Texte de Melle47 – « À la croisée des chemins » *

Je n’arrive plus à dormir… Comme depuis déjà quelques temps, aux petites heures du matin le sommeil m’a lâché. Je me lève sans faire de bruit. Surtout, ne réveiller personne. J’enfile le grand pull irlandais de mon homme, me noie dedans. J’aime son odeur. Je descends à pas de loup, me fais couler un café, enfonce mes pieds nus dans mes bottes fourrées, en apprécie la douceur. J’ouvre le volet, me glisse dehors emportant avec moi mon mug et mes écouteurs. Je m’en vais tout au bout du terrain, laisse derrière moi la maison, m’isole dans ma tristesse.

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