Ecrire en ligne

Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Category: public (page 1 of 4)

Texte de Khéa – « L’escale » *

Bertille était toujours sous l’émerveillement de la découverte de cette maison, au hasard de ses recherches immobilières sur les sites d’agences en ligne. Elle avait su que ce serait celle-ci et aucune autre dès que la photo s’en était affichée sur son écran. Elle l’avait visitée un jeudi à 14 heures, signé la promesse de vente à 15 heures de ce même jeudi.
Lire la suite

Texte de Papillon – « Nous nous reverrons un jour ou l’autre » *

Comme tous les après-midi, Maya se rend à l’école du Sacré Cœur à Halba. Elle rejoint avec entrain le joyeux chahut des enfants qui se bousculent dans la cour. Bientôt, la cloche résonne agitée par la poigne ferme de la maîtresse, Madame Yassine. Murmures et gloussements rebondissent sur les murs des couloirs qui mènent à la salle de classe. Maya profite de ces derniers instants de chaos pour chuchoter quelques secrets dans l’oreille de sa voisine. Elle partage les détails croustillants qu’elle a glanés ici et là dans le camp de réfugiés où toutes deux vivent désormais. Les deux enfants ne peuvent s’empêcher de pouffer dans leurs mains.
Lire la suite

Texte de Khéa – « Tango » *

Ma mémoire n’a pas disparu, elle s’est tue. Je ne l’entends plus me balancer des images bourrées ou non d’émotions quelles qu’elles soient, heureuses, tristes, colorées, physiques.

Un je-ne-sais-quoi a tout mis en sourdine, planqué dans un coin de ma tête n’offrant plus d’écho à mon cœur. C’est silencieux mais ça ne ressemble pas au vide.

Et pourtant je sais qu’il y a eu de la vie qui s’est installée là, qui a gravé ses petits et grands moments au fil des années, des prénoms, des repères, des réflexes, des habitudes,.. Plus rien de tout ça ne fait de bruit, plus de tumulte. La course poussiéreuse de buissons secs et légers emportés par le vent dans le désert, est le reflet de ma mémoire muette.

Je me suis réveillée ici, dans cette chambre dite de repos, il y a quelques semaines.
Lire la suite

Texte de Sécotine *

« Allo bonjour M. Chavier, Elodie, de chez Schatelly & Crotrabuk, je vous appelle pour vous permettre de participer à notre grande tombola pour notre 25e anniversaire ! »

Cette fille me sidère… Sa voix enjouée, son enthousiasme communicatif, son bic 4 couleurs qui crépite sur son cahier-agenda multifonctions organisé comme un cockpit de navette spatiale, tout cela me dépasse.
Lire la suite

Texte de Khéa – « L’avenir, bonjour » *

Mardi 15 septembre 1987
8h15, je ferme la porte, entame la descente des trois étages à pied, sors de la cour du 46 rue de la Folie-Méricourt, tourne à gauche sur la rue Oberkampf pour rejoindre la station de métro du même nom.
Lire la suite

Texte de Melle47 – « Le cousin des villes & la cousine des champs » *

« Bon d’accooooord, je viens ! ». C’est dans ces termes que j’ai mis fin à l’échange téléphonique avec mon cousin il y a trois jours.
Pfff… Depuis, je ne suis que grommellements et humeur bourrue. Il me faut quitter mon havre de paix. Je ferme la porte du salon, non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à la cheminée dans laquelle rougeoies encore les braises du feu d’hier. Soupir ! Je donne un tour de clef et plonge dans ma poche la lourde clef de mon royaume perdu en pleins champs. Je me retourne, admire le paysage tranquille, respire à pleins poumons l’air frais du matin. Autour de moi, l’hiver étend son blanc manteau immaculé dans un silence magistral dont je me gargarise avant de faire tousser ma vieille 2CV, direction la gare du village voisin.

Lire la suite

Texte de Mélanie – « Comme une chrysalide » *

Le tintement de la chaîne métallique la tenant captive résonna en elle dès l’aube. Elle s’éveilla avec difficulté, la poisseur de l’air ambiant rendant ardue l’émergence de son âme jadis si légère,  à cette dure réalité.

Alvaro s’adressa à elle :

« Jasmine, levez-vous, nous devons quitter au plus vite. Nous avons été repéré ».

Lire la suite

Texte de Melle47 – « Hiver 1949 » *

Le rideau autour de mon lit d’hôpital s’ouvre dans mon dos. Je sors de ma torpeur au son léger du frottement des anneaux de métal sur la tringle. Comme si l’infirmière cherchait à faire le moins de bruit possible. Elle est charmante mais je n’ai pas du tout envie de parler. Je retiens mon souffle, continue à faire semblant de dormir. Elle se penche par-dessus mon large dos qui fait le rond pour s’enfoncer, plus encore, dans ce lit mœlleux. Si vous saviez… J’en ai rêvé si longtemps. Dormir sur un vrai matelas, dans des draps qui sentent le propre. Pourtant, ici, cette vaste salle commune d’hôpital, ça n’est pas vraiment un cinq étoiles. Son souffle ténu chatouille ma joue malgré la barbe qui l’isole. Je me crispe. Cette tranquillité souhaitée, je sens que ça n’est pas gagné. Elle pose une main sur mon épaule, me secoue doucement :

« Monsieur George, il faudrait vous réveiller. Quelqu’un est là, qui souhaiterait vous parler. »

Lire la suite

Texte de Lulu – « Salade de riz, jolie jolie, jolie… » *

Isabelle ne sait plus si c’est le poivron ou le maïs que Ginès n’aime pas.

« C’est le poivron ou le maïs que Ginès n’aime pas ? hurle-t-elle à René qui se rase dans la salle de bains au son du Kashmir de Led Zeppelin

–  Tu vas pas commencer à t’embêter avec leurs manies à tous, ou tu vas devenir dingue ! » lui répond-il sur le même niveau sonore.
–   Oui mais la salade de riz est un plat très fragile. »

C’est vrai : elle peut s’apparenter à la purée informe qu’on vous sert à l’hôpital après une opération de l’appendicite ou pétiller façon champagne, et vous envoyer un repas de famille sur une orbite joyeuse et revigorante.

Lire la suite

Texte de Khéa – « Haut les cœurs » *

Hubert marchait d’un pas trainant vers le 12 rue de la Boétie, immeuble cossu parisien du 8e arrondissement qui abritait l’agence matrimoniale “Haut les Cœurs ” . Il avait rendez-vous avec Madeleine de Brochard, créatrice, directrice et seule employée de cette agence ; la cinquantaine élégante et élancée, pomponnée, poudrée, brushing parfait, un blond qui approchait de la perfection mais qui avait dû demander des années de décoloration.

Lire la suite

Texte de Marine – « À moi la liberté (ixième chapitre de « La vie avec mon ado ») » *

Après ce week-end mouvementé, les filles avaient repris le chemin des écoliers. J’appréciais le fait de me retrouver seule quelques heures à ne pas endosser le rôle du gendarme ou de l’arbitre et surtout pas celui de la bande son qui, inlassablement, répète les mêmes consignes…

« Mets tes chaussons, lave toi les dents, parlez-vous gentiment… »

Le bip de mon téléphone, petit sifflement d’oiseau, me prévint de la réception d’un message SMS. Je finis de rincer mon assiette, m’essuyai les mains et attrapai mon téléphone pour découvrir qui était le messager. « Ma fille chérie » apparut sur l’écran avec les premiers mots.

« Maman, stp, stp… ».

Lire la suite

Texte de Dilan – « La statuette » *

J’étais dans la cuisine à éplucher des pommes de terre ce dimanche après-midi lorsque Marc est arrivé. Il est venu me rejoindre en m’appelant et au son de sa voix, déjà, son enthousiasme s’entendait.

« Tu n’as pas idée de ce qui vient de m’arriver ! s’exclama-t-il »

Je levai les yeux vers lui, l’air de dire « Vas-y dis-moi »

Il sortit alors la chose qu’il cachait dans son dos.

Lire la suite

Older posts

© 2018 Ecrire en ligne

Theme by Anders NorenUp ↑

error: Content is protected !!