Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Catégorie : public (Page 1 of 13)

Texte de Melle47 – « À la limite… » *

Tom ouvre les yeux, se redresse dans son lit, son ours en peluche tombe à terre. Il sourit, soupire et retombe sur son oreiller. Ses yeux se referment et, alors que dans le petit appartement familial, le pas furtif de sa mère se fait entendre, Tom essaye de passer en revue ce que sera cette journée foutue d’avance. Continue reading

Texte de Maïmoun – « Le petit chien blanc » *

Bruno croise ses bras musclés sur son gilet pare-balle sombre. POLICE. En ce matin de juillet, il porte le tee-shirt à manches courtes réglementaire. On distingue un tatouage à l’intérieur de son bras gauche, One more time. Son unité est arrivée à six heures ce matin. Le sous-préfet leur a ordonné de garder leur calme. Comme à chaque expulsion, les Roms et les associations vont les prendre à partie.
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Texte de Ketriken – « Le bruit du bonheur » *

L’église du village est pleine à craquer. Certes, elle n’est pas très grande, mais en ce 12 juin 1965, c’est jour de communion. Tous les paroissiens sont là qu’ils aient ou pas des enfants en âge de recevoir les saints sacrements, car on fête Dieu, on Lui confie l’âme des enfants (une fois de plus, car il y a déjà eu le baptême tout de même, mais c’était il y a longtemps, ça peut pas faire de mal de Lui refaire un petit signe…) et cerise sur le gâteau on est invité chez les voisins ou dans la famille pour faire bombance. Chacun et chacune s’est endimanché, a glissé le vieux missel dans le sac ou au fond d’une poche de veste, a bien vérifié disposer de quelques pièces de monnaie pour la quête, et c’est parti pour une belle journée à ne rien faire. Merci, mon Dieu, merci !
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Texte de Ktou14 – « Une bonne question » *

« Dis papa, c’est quoi le bonheur ? »

La petite phrase roule dans la tête de Sacha, au rythme du train qui avance dans cette nuit chargée d’interrogations.
Inconfortablement installé dans un wagon qui pue le sale et le renfermé, Sacha caresse tendrement la tête de son fils, Noé, endormi sur ses genoux. Il voudrait lui aussi dormir, mais l’angoisse est là, prégnante, obsédante. Encore de petites heures à attendre avant le début ou la fin du rêve. Sacha a peur. Pas pour lui, mais pour cet enfant qu’il arrache à son passé afin de le conduire vers d’autres lendemains. C’est du moins ce qu’il espère.
Sacha ferme les yeux afin de faire reculer la peur et remonte le fil de l’histoire.

Deux mois plus tôt, là-bas en arrière…
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Texte de Melle47 – « Malheur… Bonheur… et cetera… » *

Sophie tressaille. D’un bond, la voilà assise, tremblante, dans son lit. Dans sa tête, ça tourne un peu, elle a peine à raccrocher à la réalité. Elle tend l’oreille, écoute, se rassure, la maison semble paisible, tout cela n’était que son cauchemar. Le même. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle l’a toujours fait. Elle n’essaye pas de comprendre ou de chercher le pourquoi, elle n’en est plus là. Simplement, elle se demande si un jour il ira jusqu’au bout, et si cela arrivait, alors, sans doute, ça serait la fin et elle en serait débarrassée, à jamais.
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Texte de Maimoun – « La fabrique à sourires » *

Enfant, Émeline rêvait d’être architecte. Quand nous avions dix ans, elle dessinait des plans dans des cahiers de brouillon. Puis, à l’époque où nous nous intéressions plus aux garçons qu’aux bonbons, elle récupérait nos Lego abandonnés et les vieux Kapla pour édifier des cités chimériques dans le garage de son père. Je l’avais perdue de vue après le lycée, mais, quand je découvrais des immeubles démentiels au cœur des pages épurées et glacées des magazines déco, j’étais surprise de ne pas lire son nom.

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Texte de Zazie6454 – « Triple buse » *

« Rentrez vos poules, je lâche mes coqs ! »  Quand la Germaine sortait de chez elle accompagnée de ses trois grands gaillards, elle n’était pas peu fière de lancer cette phrase à la cantonade. Elle jubilait de voir les rideaux des fenêtres voisines bouger vivement et imaginait sans peine les regards outrés de la Liselotte, la tête de linotte ou de la Bernadette, la vieille chouette.
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Texte de Melle47 – « D’un horizon à l’autre… » *

Nino, les pieds bien campés dans le sable et les mains enfoncées dans les poches de sa vareuse, regardait au loin le Soleil se couler dans la mer calme. Il s’imprégna du léger ressac qui faisait monter à son nez des odeurs d’iode familières. Quelques mouettes criaient, là-bas au loin. À part ça, personne. L’attention avait quitté les plages. Les Hommes avaient bien d’autres soucis en tête ces derniers mois.
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Texte de Melle47 – « Promenade du matin… » *

Sophie, assise sur le petit tabouret de l’entrée, essaye tant bien que mal de nouer les lacets de ses chaussures de marche.
« Mais… Tu vas arrêter ? Ouiiii… Je sais, je sais… Pas de matin qui commence bien, sans promenade de chien… C’est bon, on y va… On y va. »
Faut dire qu’elle le cherche bien, le petit chien Fou’. Comme chaque matin, il lui fait de grands bons, donne des coups de culs, comme un cheval excité. Il colle son museau dans ses doigts et s’agite dans tous les sens pour exprimer son impatience et sa joie.
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Texte de Zazie6454 – « Sancta Panna » *

Lorsque Saint-Pierre entra sans frapper dans Son bureau, il était au bord de l’implosion. Ses cheveux blancs hirsutes, les lunettes posées de guingois sur son nez qu’il avait proéminent, ses lèvres pincées suffisaient à montrer son impatience. Bien que Saint-Pierre soufflât comme un bœuf, Il leva à peine un sourcil de son journal et poursuivit sa lecture. De longues secondes passèrent durant lesquelles Saint-Pierre fit ostensiblement craquer ses phalanges ; il savait pertinemment que cela L’insupportait au plus haut point. Enfin, Il reposa son journal sur Son bureau blanc et dit d’une voix légèrement irritée :
« Eh bien mon vieil ami, que se passe-t-il ce matin qui semble tant vous agacer  ?
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Texte de Melle47 – « La Panne » *

Clémentine ferme les yeux, gonfle ses joues, soupire bruyamment. Elle laisse glisser son dos contre la paroi jusqu’à poser doucement ses fesses au sol. Elle ramène ses jambes contre elle, les serre, cache son nez dans ses genoux, se donne un moment. Elle se sent abandonnée, tout est si calme autour d’elle, il fait si sombre. Le souffle d’une respiration lente caresse à peine ses oreilles. Elle lève la tête, ouvre les yeux. Devant elle, l’autre lui sourit. Elle lui rend son sourire.
« Hey, je m’croyais seule ».
Nouvel échange de sourires timides. Continue reading

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