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Ateliers d’écriture créative animés par Francis Mizio

Category: public (page 1 of 3)

Texte de Sécotine *

« Allo bonjour M. Chavier, Elodie, de chez Schatelly & Crotrabuk, je vous appelle pour vous permettre de participer à notre grande tombola pour notre 25e anniversaire ! »

Cette fille me sidère… Sa voix enjouée, son enthousiasme communicatif, son bic 4 couleurs qui crépite sur son cahier-agenda multifonctions organisé comme un cockpit de navette spatiale, tout cela me dépasse.
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Texte de Khéa – « L’avenir, bonjour » *

Mardi 15 septembre 1987
8h15, je ferme la porte, entame la descente des trois étages à pied, sors de la cour du 46 rue de la Folie-Méricourt, tourne à gauche sur la rue Oberkampf pour rejoindre la station de métro du même nom.
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Texte de Melle47 – « Le cousin des villes & la cousine des champs » *

« Bon d’accooooord, je viens ! ». C’est dans ces termes que j’ai mis fin à l’échange téléphonique avec mon cousin il y a trois jours.
Pfff… Depuis, je ne suis que grommellements et humeur bourrue. Il me faut quitter mon havre de paix. Je ferme la porte du salon, non sans avoir jeté un dernier coup d’œil à la cheminée dans laquelle rougeoies encore les braises du feu d’hier. Soupir ! Je donne un tour de clef et plonge dans ma poche la lourde clef de mon royaume perdu en pleins champs. Je me retourne, admire le paysage tranquille, respire à pleins poumons l’air frais du matin. Autour de moi, l’hiver étend son blanc manteau immaculé dans un silence magistral dont je me gargarise avant de faire tousser ma vieille 2CV, direction la gare du village voisin.

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Texte de Mélanie – « Comme une chrysalide » *

Le tintement de la chaîne métallique la tenant captive résonna en elle dès l’aube. Elle s’éveilla avec difficulté, la poisseur de l’air ambiant rendant ardue l’émergence de son âme jadis si légère,  à cette dure réalité.

Alvaro s’adressa à elle :

« Jasmine, levez-vous, nous devons quitter au plus vite. Nous avons été repéré ».

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Texte de Melle47 – « Hiver 1949 » *

Le rideau autour de mon lit d’hôpital s’ouvre dans mon dos. Je sors de ma torpeur au son léger du frottement des anneaux de métal sur la tringle. Comme si l’infirmière cherchait à faire le moins de bruit possible. Elle est charmante mais je n’ai pas du tout envie de parler. Je retiens mon souffle, continue à faire semblant de dormir. Elle se penche par-dessus mon large dos qui fait le rond pour s’enfoncer, plus encore, dans ce lit mœlleux. Si vous saviez… J’en ai rêvé si longtemps. Dormir sur un vrai matelas, dans des draps qui sentent le propre. Pourtant, ici, cette vaste salle commune d’hôpital, ça n’est pas vraiment un cinq étoiles. Son souffle ténu chatouille ma joue malgré la barbe qui l’isole. Je me crispe. Cette tranquillité souhaitée, je sens que ça n’est pas gagné. Elle pose une main sur mon épaule, me secoue doucement :

« Monsieur George, il faudrait vous réveiller. Quelqu’un est là, qui souhaiterait vous parler. »

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Texte de Lulu – « Salade de riz, jolie jolie, jolie… » *

Isabelle ne sait plus si c’est le poivron ou le maïs que Ginès n’aime pas.

« C’est le poivron ou le maïs que Ginès n’aime pas ? hurle-t-elle à René qui se rase dans la salle de bains au son du Kashmir de Led Zeppelin

–  Tu vas pas commencer à t’embêter avec leurs manies à tous, ou tu vas devenir dingue ! » lui répond-il sur le même niveau sonore.
–   Oui mais la salade de riz est un plat très fragile. »

C’est vrai : elle peut s’apparenter à la purée informe qu’on vous sert à l’hôpital après une opération de l’appendicite ou pétiller façon champagne, et vous envoyer un repas de famille sur une orbite joyeuse et revigorante.

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Texte de Khéa – « Haut les cœurs » *

Hubert marchait d’un pas trainant vers le 12 rue de la Boétie, immeuble cossu parisien du 8e arrondissement qui abritait l’agence matrimoniale “Haut les Cœurs ” . Il avait rendez-vous avec Madeleine de Brochard, créatrice, directrice et seule employée de cette agence ; la cinquantaine élégante et élancée, pomponnée, poudrée, brushing parfait, un blond qui approchait de la perfection mais qui avait dû demander des années de décoloration.

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Texte de Marine – « À moi la liberté (ixième chapitre de « La vie avec mon ado ») » *

Après ce week-end mouvementé, les filles avaient repris le chemin des écoliers. J’appréciais le fait de me retrouver seule quelques heures à ne pas endosser le rôle du gendarme ou de l’arbitre et surtout pas celui de la bande son qui, inlassablement, répète les mêmes consignes…

« Mets tes chaussons, lave toi les dents, parlez-vous gentiment… »

Le bip de mon téléphone, petit sifflement d’oiseau, me prévint de la réception d’un message SMS. Je finis de rincer mon assiette, m’essuyai les mains et attrapai mon téléphone pour découvrir qui était le messager. « Ma fille chérie » apparut sur l’écran avec les premiers mots.

« Maman, stp, stp… ».

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Texte de Dilan – « La statuette » *

J’étais dans la cuisine à éplucher des pommes de terre ce dimanche après-midi lorsque Marc est arrivé. Il est venu me rejoindre en m’appelant et au son de sa voix, déjà, son enthousiasme s’entendait.

« Tu n’as pas idée de ce qui vient de m’arriver ! s’exclama-t-il »

Je levai les yeux vers lui, l’air de dire « Vas-y dis-moi »

Il sortit alors la chose qu’il cachait dans son dos.

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Texte de Khéa – « Post-cécité » *

Il cherchait les mots les plus proches de la réalité pour décrire son impression en l’apercevant sur le boulevard, jusqu’à ce son esprit lui propose l’association contradictoire mais tellement appropriée de “joliment moche” ; ce qu’il valida sur le champ.
 Elle venait de sortir de la station de métro “La Madeleine”. Il l’avait repérée tout de suite. Elle remontait le boulevard dans sa direction ; le mariage saugrenu des couleurs et des motifs de sa tenue aurait donné l’envie foudroyante de perdre la vue à n’importe quel badaud croisant son chemin.

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Texte de Lulu – « Éblouissante est la nuit » *

Hier encore tout était simple.
Il y avait la vie, la seule possible, bien réelle.
Hier encore, les contours nets de la réalité ne souffraient aucune contestation.
Hier encore Laura ne connaissait pas le doute.

Il avait suffi d’une nuit, d’une éblouissante nuit pour que tout s’efface comme traces de pas dans le sable mouillé sous la puissance silencieuse de la marée.

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Texte de Marine – « La nuit blanche » *

Les vacances scolaires arrivaient à grand pas. Sonia et moi, nous nous étions accordées pour oser une sage folie, aller danser en boîte de nuit ! Cela paraît très certainement d’une exceptionnelle banalité à quiconque est étranger à ma vie de mère célibataire, jonglant sans répit entre obligation professionnelle, enfants, intendance de la maisonnée… Bref le joyeux bazar organisé !

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