Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Catégorie : public (Page 1 of 9)

Texte de Zazie6454 – « À la Saint-Berzinghin » *

Lorsqu’il traversa la grand’ rue de Cousances, Frère Berzinghin eut l’impression de passer dans un village abandonné… Personne à l’horizon, les maisons, la ferme semblaient elle aussi délaissées, inertes. Une rafale de vent rabattit le capuchon de sa bure sur sa tête, il le rejeta d’un geste vif.  Mais pourquoi Dieu avait-il mené ses pas dans ce coin perdu de la Meuse ?
Continue reading

Texte de Khea – « Quelle barbe ! » *

Des talons martèlent le parvis de l’église Saint Étienne. Ils battent la cadence, tels des roulements de tambour, annonciateurs de troupes en marche venant livrer bataille. Ils sont au diapason avec le tonnerre grondant, ses éclairs déterminés à illuminer le ciel plombé de Beauvais, en ce début de matinée.
Continue reading

Texte de Ketriken – « Le carnaval et le temps des fous » *

Philippe regarde attentivement une reproduction de dessin posée sur la table de cuisine : un âne et son cavalier le chevauchant à l’envers. Il la prend et la tend à Francis qui, lui, regarde attentivement les bouteilles posées sur le plan de travail et se demande bien laquelle il va ouvrir : Anjou ou côte de Provence ?
« C’est quoi ce type assis à l’envers sur un âne ? tu as décidé de te lancer dans les dessins pour livre d’enfants ?  »
Continue reading

Texte de Betty – « Le point de vue de Baptistou, l’âne de la Saint Cornèri » *

Baudet je suis, âne bâté, dur à la tâche. On me charge de ballots pesants, parfois plus lourds que moi, on me bats, on m’injurie lorsque je n’avance pas assez vite. Baptistou qu’on m’appelle ! Mon maître, le père Anselme, cultive la vigne qui donne ce vin fleuri répondant au nom charmant de « prunelard ». Je n’ai pas à me plaindre de cet honnête vigneron qui me traite correctement, se laissant parfois même aller à me flatter la croupe. Ce n’est pas lui qui use sur moi de la badine, mais ses ouvriers, ces gredins qui m’utilisent sans vergogne pour transporter tout ce qui pèse, s’amusant même parfois à lester de pierres mes sacoches pendantes.
Continue reading

Texte de Zazie6454 – « Chic et choc » *

Je m’ennuyais tellement à ce dîner… Certes, nous étions dans un établissement réputé, où la décoration conjuguait charme et luxe, ancien et moderne. Les lustres en cristal de Baccarat majestueux et imposants ajoutaient une touche Second Empire, tandis que le mobilier arborait résolument un design contemporain alliant bois brut, acier, et verre ; les nappes blanches amidonnées sur lesquelles se dressaient fièrement des serviettes immaculées, savamment pliées rappelaient bien la tradition française.
Le cadre avait beau être magnifique, je me rasais.
Continue reading

Texte de Ketriken – « Schlim, sa mère, et Gengis Khan » *

 » Monsieur Cohen, notre dernière séance date d’il y a … cinq mois environ, non ?
– Oui, c’est ça , c’était en mai.
– Vous aviez, si ma mémoire est bonne, un éventuel projet pour l’été. Un voyage en… Asie ? un cadeau de votre mère, je crois.
– En Mongolie exactement.
– Oui, je me souviens que nous avions longuement échangé sur les ruptures, l’éloignement, la distanciation avec les habitudes, la capacité au refus, blablabla. »

Continue reading

Texte de Ktou14 – « Bob et Robert » *

Six heures d’un joli matin printanier.
La porte-fenêtre glisse et Robert sort sur ce petit espace qui lui tient lieu de balcon. Il sacrifie à son rituel quotidien : tous les matins à 6 heures, par tous les temps, griller sa première clope sur ce bout de béton parisien en regardant la ville s’éveiller. L’oreille aux aguets afin de saisir les bruits d’une circulation parfois cacophonique : les klaxons, le bip du camion des éboueurs et les poubelles reposées sans ménagement sur le trottoir, les sirènes des voitures de police et des ambulances ou tout simplement le chuintement des pneus sur l’asphalte mouillé, le grondement souterrain du métro..L’odorat n’est pas en reste non plus. Des odeurs pas encore trop marquées à cette heure-là par les gaz d’échappement mais balayant quand même la trop timide, celle qui monte délicatement de la boulangerie d’à côté.
Et puis les yeux. Il en prend plein les yeux, Robert, de cette lente montée en puissance d’une capitale qui se réveille. Les voitures qui se précipitent vers le travail et la longue journée, des piétons qui vont, viennent, se croisent et se décroisent, les reflets du soleil sur les immeubles qui l’entourent ou la course des nuages qui se reflètent dans les baies vitrées.
Pourtant, depuis quelques semaines, tout a changé.

Continue reading

Texte de Melle47 – « Gaspard » *

« Gaspard Luche avait épousé la jolie Olja Tzaje dont il était tombé amoureux fou alors que la jeune interprète de pop-flok Molvane était venue à Paris pour une tournée de « Chants du monde » – si l’on peut appeler ces balades pour le moins étranges qu’elle hurlait plus qu’elle ne chantait, musique tout-court. »
Pierre poursuivit…
« Il ne nous reste que très peu d’écrits de cet entomologiste fort peu connu du XXe. Et pour cause : sitôt marié, il disparut à tout jamais avec sa dulcinée en Molvanie, pays de sa belle. »
Continue reading

Texte de Betty – « Safari au Bourchika – Bravo » *

En route pour le Bourkicha-Bravo, le pays des safaris des chasseurs de chasseurs. Envie d’ailleurs ? Désir d’évasion et de dépaysement ? Engagement philanthropique ? Volez au secours des éléphants, lions, buffles, antilopes, et autres zèbres… Partez sur les traces des grands chasseurs blancs, exterminateurs de faune sauvage en voie d’extinction. Le Bourkicha-Bravo a conservé ses sublimes paysages sous un soleil d’enfer. Le réchauffement climatique entraîne un manque d’eau qui menace depuis plusieurs années la faune locale, d’autant plus que l’homme détourne cette eau si précieuse en sa faveur. La présidente du gouvernement bourkichabais, Madame Yaka, consciente d’un désastre annoncé, a autorisé depuis 2025 de juin à septembre la chasse aux chasseurs de grand gibier. Les amateurs de safari exotique ne bouderont pas leur plaisir.
Continue reading

Texte de Lena – « Blanche et Emma » *

Géraldine avait parcouru tout le chemin qui séparait son école de sa maison à pied. La fillette le savait, ses parents n’allaient rentrer que dans une heure ou deux. Si elle avait tout d’abord prévu de rester dans le jardin en les attendant, la pluie, qui remplissait de flaques le perron sur lequel elle se trouvait, lui fit changer d’avis. La jeune écolière n’avait jamais mis les pieds chez ses voisines, deux jumelles, toutes deux demoiselles, qui la fascinaient. Elle ne les avait jamais vues que de loin et se sentait curieuse d’en savoir plus sur les deux silhouettes qu’elle voyait parfois s’esclaffer avant de franchir leur porte d’entrée, toujours bien habillées. Géraldine les avaient déjà observées de sa fenêtre et surpris le regard de l’une d’elle, elle ne saurait dire laquelle, qui s’était, en un instant, raidi.
Continue reading

« Older posts

© 2020 Écrire en ligne

Theme by Anders NorenUp ↑