Ecrire en ligne

Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

1990 (Juin) – « Les feux d’artifice de 1990 » – par Dilan

C’était l’avant dernier samedi de juin. On s’était retrouvées comme à notre habitude, chez moi, avec Marine et Selma. On contemplait le plafond, allongées côte-à-côte sur le sol. Nous gardions le silence, trop occupées à écouter la voix de Madonna sur sa chanson « Vogue », que la radio diffusait. Marine entama alors une chorégraphie avec ses pieds posés sur le lit, ce qui nous fit éclater de rire à l’assemblée et nous fit sortir du silence. Je me relevai pour m’asseoir et lançai tristement :
« Je vais trop m’ennuyer sans vous tout l’été. » Les filles compatirent silencieusement. Elles partaient en vacances chacune de leur côté, Selma en Normandie chez ses grands-parents et Marine en colonie dès la fin des cours au lycée, tandis que je me retrouverai seule car maman devait travailler et papa faisait le tour du monde en guise de lune de miel avec sa nouvelle femme …
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1898 (Mars) – Léonce – par Khéa

Paris, mars 1898
L’après-midi avait cédé sa place au début de soirée, Léonce quittait son lieu de travail, le siège social de la Société Générale au 54 rue de Provence dans le 9e arrondissement. Arrondissement qu’il avait vu évoluer en quartier d’affaires avec l’implantation des grandes banques, des compagnies ferroviaires, des grands magasins qui faisaient le bonheur de ces dames, au détriment de celui du portefeuille de leur mari et, ou, amant. La réunion enfumée, houleuse sur les crédits à court terme pour les industriels et négociants qui avait clos cette journée lui avait donné la nausée. L’air était doux, le printemps prenait ses aises, rentrer à pied lui ferait le plus grand bien. Il n’habitait qu’à quelques centaines de mètres, un appartement confortable au 1 rue Bleue, d’un immeuble bourgeois.
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Pause estivale ! Reprise le 6 septembre… bonnes vacances !

Après une année fort riche (on a vu naître ici de très beaux textes, des émotions, des rires…) Écrire-en-ligne va faire une pause pour l’’été (hormis la publication prochaine des deux derniers textes de notre recueil « Le Projet conjugal » -je le précise pour celles et ceux qui en sont) !

Reprise, comme vous le savez, en septembre. Grâce à l’enthousiasme et la fidélité des habitué(e)s, des ateliers sont déjà complets. Surveillez cette page si vous voulez trouver une place…

La rentrée va être tôt studieuse pour l’atelier avec aussi la recherche d’un éditeur papier pour Le Projet Conjugal (si celui naturellement pressenti ne nous suit pas).

Concernant l’atelier lui-même, je reste disponible assez rapidement par mail tout l’été, n’hésitez pas pour des questions, des remarques, des suggestions, des demandes…
D’ici là je vous souhaite un très bel été, et pour ceux qui en prennent de bonnes vacances (sinon, plein de courage pour les autres).
Reposez-vous,
lisez bien,
écrivez bien !
À bientôt,
Francis



Image : Iautumnsgoddess0 – Pixabay

Le retour du laitier – Texte de Lemali

Ce matin, Lili a pris son poste sur la terrasse plus tôt que d’habitude parce qu’elle ne voulait pas louper le passage du laitier. Ils ont réinstauré la tradition dans le quartier. Mathieu lui a donné le flyer qui informait les habitants que la 1ère livraison devait avoir lieu aujourd’hui, mais elle n’a vu personne.
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Texte de Mistouflonne *

Carole enlève ses tennis blanches et les laisse dans le vestiaire, avant d’enfiler sa blouse orange, celle des auxiliaires de puériculture. Elle défait sa montre, son bracelet et noue ses cheveux en chignon rapide. Il est déjà 09h57 et elle doit encore arpenter un immense couloir avant de prendre le relais de ses collègues. Le temps est maussade et elle est partie un peu vite de la maison, sans avoir le temps d’étendre son linge. Paul lui a rappelé la réunion parents-profs de cet après-midi et Camille est partie pour le lycée en bougonnant. Le poids de sa carrière et de sa vie commence à se faire lourd sur ses épaules ces derniers temps. Mais elle garde la flamme des débuts et s’accroche à tous les beaux moments que lui offre son métier. Elle ne sait pas ce qu’elle pourrait faire d’autre.
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« Ces petits riens qui me venaient de vous » – Texte de Trados

Ces petits riens qui me venaient de vous

Ce sont ces petits riens que j’ai mis bout à bout,

Ces petits riens qui me venaient de vous.

Gainsbourg
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1900 (mai) – Antoine et Eugénie – par Nerika

Monsieur le Président, Messieurs les jurés, je ne vous demanderai qu’une chose: la justice.
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Tiote – Texte de Khéa *

La nuit était encore là pour quelques heures mais ma mère et moi étions déjà debout, habillées, coiffées. Nous partions pour la première fois en grandes vacances d’été, une surprise que ma mère avait gardée secrète jusqu’à hier soir. Elle m’avait dit de mettre dans mon cartable, mes poupées et mon chien Pif pour ne pas les oublier. L’appartement était propre, bien rangé comme il ne l’avait jamais été. Ma valise et celle de ma mère nous attendaient près de la porte d’entrée.
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Proposition d’écriture Juin 2019-2

Mercredi 11 juin dernier, Margaux, une des étudiantes du DUT InfoCom où j’enseigne, subissait la torture de sa soutenance de fin de DUETI (année de cours suivie à l’étranger). Elle nous exposait la politique culturelle du Québec d’où elle revenait et les actions menées au niveau de la ville de Chicoutimi. Au détour d’une de ses « slides »  où elle nous passait en revue la vie artistique locale je vis surgir une affiche d’un lieu nommé 3REG qui se présente comme un « collectif de création sous contrainte » appelant à la production d’œuvres « littéraires/visuelles/sonores/vidéos » sur des thèmes précis ; œuvres présentées ensuite lors de soirées. Sur l’affiche de l’événement se trouvait l’étonnant thème suivant (pour cette fois là) : « Anodin ».
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La négociation – Texte de Marine *

Après un peu plus de huit heures de vol, l’avion se pose enfin sur le tarmac. Température élevée, un taux d’humidité considérable si bien que le T-shirt colle immédiatement à la peau. Abidjan se dresse devant nous, tout en contraste, de ses gratte-ciels et ses bidonvilles.
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1920 (Août) – par Nerika

La porte de sa chambre était toujours ouverte. Le bruit des autres le rassurait sûrement. Il faut dire que c’est rassurant un ballet d’infirmières qui défilent à heures fixes et passent de chambre en chambre. Pour certaines chambres, elles rentrent même à deux. Certains cris rythment parfois leurs passages. C’est aussi rassurant, tout l’est finalement, tout sauf le silence.

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1973 (Décembre) – « Béatrice » – par Lena

Les pieds dans l’eau, les algues aux narines, ma petite silhouette rit en tournant les yeux vers ma mère, les cheveux plus foncés et la peau plus jeune que maintenant. Je m’avance dans la mer et mouille mon maillot une pièce en un rien de temps. Je m’enfonce, m’enfonce… La tête sous l’eau, brusquement apparaît son visage… Jeune homme à la tignasse brune, qui me fait signe et puis s’en va plus vite qu’un banc de poisson. Je suis de nouveau à la surface, portée par de plus grandes jambes. Mes parents m’attendent au bord, le regard grave. Une culpabilité m’envahit, alors que j’aperçois une robe, un livre, un vinyle des Stones… emportés par l’eau. Je me rue dessus et nage vers le large, jusqu’à m’enfoncer et sentir l’eau salée dans mes poumons…
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