Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Catégorie : CatSept2020

Texte de Zazie6454 – « À la Saint-Berzinghin » *

Lorsqu’il traversa la grand’ rue de Cousances, Frère Berzinghin eut l’impression de passer dans un village abandonné… Personne à l’horizon, les maisons, la ferme semblaient elle aussi délaissées, inertes. Une rafale de vent rabattit le capuchon de sa bure sur sa tête, il le rejeta d’un geste vif.  Mais pourquoi Dieu avait-il mené ses pas dans ce coin perdu de la Meuse ?
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Texte de Khea – « Quelle barbe ! » *

Des talons martèlent le parvis de l’église Saint Étienne. Ils battent la cadence, tels des roulements de tambour, annonciateurs de troupes en marche venant livrer bataille. Ils sont au diapason avec le tonnerre grondant, ses éclairs déterminés à illuminer le ciel plombé de Beauvais, en ce début de matinée.
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Texte de Ketriken – « Le carnaval et le temps des fous » *

Philippe regarde attentivement une reproduction de dessin posée sur la table de cuisine : un âne et son cavalier le chevauchant à l’envers. Il la prend et la tend à Francis qui, lui, regarde attentivement les bouteilles posées sur le plan de travail et se demande bien laquelle il va ouvrir : Anjou ou côte de Provence ?
« C’est quoi ce type assis à l’envers sur un âne ? tu as décidé de te lancer dans les dessins pour livre d’enfants ?  »
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Texte de Betty – « Le point de vue de Baptistou, l’âne de la Saint Cornèri » *

Baudet je suis, âne bâté, dur à la tâche. On me charge de ballots pesants, parfois plus lourds que moi, on me bats, on m’injurie lorsque je n’avance pas assez vite. Baptistou qu’on m’appelle ! Mon maître, le père Anselme, cultive la vigne qui donne ce vin fleuri répondant au nom charmant de « prunelard ». Je n’ai pas à me plaindre de cet honnête vigneron qui me traite correctement, se laissant parfois même aller à me flatter la croupe. Ce n’est pas lui qui use sur moi de la badine, mais ses ouvriers, ces gredins qui m’utilisent sans vergogne pour transporter tout ce qui pèse, s’amusant même parfois à lester de pierres mes sacoches pendantes.
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Proposition d’écriture – Septembre 2020

Pour cette rentrée, j’ai cherché une idée originale qui peut vous faire aller du comique au tragique, de l’intime à l’universel et de l’historique au contemporain, avec, si vous le décidez, même des cascades et des effets spéciaux. Et, en plus, ce sera personnalisé et géo-localisé selon vos désirs… En effet, il se trouve que dans ma bibliothèque traîne un ouvrage assez étonnant de 1 300 pages ; résultat d’une curieuse recherche sans doute obsessionnelle qui a dû prendre bien des années : Le Dictionnaire des saints imaginaires et facétieux, de Jacques E. Merceron. Croyances, superstitions, légendes, plaisanteries, calembours, expressions… On y trouve tous les saints réels ou imaginaires de France, voire certains d’Europe — et il y en a des centaines. Voici les grandes parties de cet annuaire incroyable  :

• saints de la « grande bouffe », des ribotes carnavalesques et des confréries bachiques et viticoles,
• saints de la fécondité (géniteurs, marieurs, accoucheurs),
• saints grivois et saints obscènes,
• saints de la paresse,
• saints du commérage, caquetage et débinage,
• saints de la gueuserie, du maléfice et de la filouterie,
• saints « à la vie à la mort » et saints des maladies de langueur,
• saints protecteurs et guérisseurs des adultes,
• saints protecteurs et guérisseurs des enfants,
• animaux, objets et concepts sacralisés ou sanctifés,
• lieux sanctifiés, bien ou mal famés,
• saints atmosphériques, grêleux, venteux et pluviards,
• gerbe et pot-pourri de saints,
• répertoire raisonné des dévotions et patronages par calembour.

C’est un ouvrage qu’on m’a offert il y a plusieurs années — et j’avoue qu’il m’a laissé perplexe au moins sur un point : quel éditeur aujourd’hui publierait une telle somme (très érudite, précise, foisonnante), sachant que le lectorat pressenti doit être tout de même mince, que son coût de fabrication, d’édition et de distribution doit être conséquent (il fait bien ses 2 kg) ? Quoiqu’il en soit, il existe…  et s’il fallait lui trouver un usage (enfin ?), ce sera donc fait  ici.

Je vous propose, à vous membres inscrits à cet atelier, de m’adresser le nom d’un lieu (francis@ecrire-en-ligne.net) de votre choix, et en retour je vous adresserai la notule de votre saint personnel et géo-localisé. Il s’agira alors, soit d’inventer la vie édifiante de ce saint (façon hagiographie), soit d’en raconter l’histoire directe (sans faire dans le récit hagiographique), soit de narrer un moment seul de sa vie, soit de nous écrire une fiction qui a un lien direct, collatéral, éloigné ou pas avec ce saint… en respectant au mieux tout de même les principaux éléments du récit « original » du dictionnaire. Bien sûr, le plus grand sérieux comme la fantaisie la plus folle sont autorisés ! On pourra détourner les éléments, donner « sa vraie version personnelle « .

Un exemple : je viens de passer mes vacances aux quatre coins d’Ardèche, dont une semaine près de Lamastre. « Le dictionnaire… » écrit page 771 que Lamastre, c’est « Saints Os » : « ARDÈCHE : à Macheville, commune de Lamastre, dans le Haut-Vivarais, se trouvait jadis une chapelle des Saints Os. La légende locale raconte que l’on retrouva à cet endroit, après les guerres de Religion, les têtes de sept prêtres décapités, devenus soudainement les Saints Os. On y effectuait autrefois un pélerinage pour les enfants malades (Charrié 1968 : 141). »
Que faire avec ce truc sinistre — et pas vraiment facétieux pour le coup ? (qui a sa page Wikipédia). Eh bien (j’improvise) : par exemple, je raconte comment le pharmacien local prétend vendre un remède de sa composition avec des fragments de Saints Os qu’il aurait retrouvés ;  je peux raconter un serment d’amour prononcé dans la chapelle entre deux ados qui veulent se faire peur ; je peux raconter qui a inventé la légende ou la vraie raison véridique et vérifiable qui fait que ces crânes ont été retrouvés là ; je peux monter un personnage d’historien local ou de journaleux en quête de notoriété ; une arnaque aux touristes ; une visite par un groupe cacochyme descendu du bus ;  je peux écrire l’hagiographie officielle (c’étaient qui ces 7 prêtres ? — tiens bizarrement ils sont sept, d’ailleurs, ce fameux chiffre symbolique), je peux invoquer le saint, me sentir en communion avec lui (qu’il soit sérieux ou fantaisiste)… Je ne suis pas obligé de raconter une fiction avec un début, un milieu et une fin. C’est une nouvelle de la longueur qui vous convient : cela ne peut donc qu’être qu’un moment.
Et enfin, parce que je veux être sanctifié et non pas maudit, si votre saint ne vous convient pas (pas assez facétieux, trop lugubre, religieux… bref, pas inspirant), vous pourrez toujours m’en demander un autre (d’un autre lieu, ou simplement d’une catégorie). Au diable les contraintes — et écrivons en paix.


Illustrations : suivant votre appareil, si vous ne voyez pas dans le bandeau du haut une vidéo de cierges, vous voyez un squelette sur un bureau, illustration choisie par « Ça m’intéresse » pour illustrer un article sur la Saint Glin-Glin. Sinon l’étiquette de sainte Ni touche est suisse

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