Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Catégorie : Ketriken

Texte de Ketriken – « Schlim, sa mère, et Gengis Khan » *

 » Monsieur Cohen, notre dernière séance date d’il y a … cinq mois environ, non ?
– Oui, c’est ça , c’était en mai.
– Vous aviez, si ma mémoire est bonne, un éventuel projet pour l’été. Un voyage en… Asie ? un cadeau de votre mère, je crois.
– En Mongolie exactement.
– Oui, je me souviens que nous avions longuement échangé sur les ruptures, l’éloignement, la distanciation avec les habitudes, la capacité au refus, blablabla. »

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Texte de Ketriken – « L’oubli » *

Christine revient de la cuisine une bouteille dans une main, un torchon dans l’autre, et remplit les verres vides en maugréant.
– «… On a bien le temps de reprendre une coupe, Laurent ne va plus tarder à arriver, on va attendre encore un peu, de toute façon depuis qu’il travaille aux urgences il n’est plus jamais à l’heure nulle part, mais ce n’est pas grave car l’osso bucco plus ça réchauffe et meilleur c’est et.. ohhhh devinez qui j’ai revue dans le quartier la semaine dernière ? Patricia. Patricia ! Madame Parfaite !
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Texte de Ketriken – « Maria » *

Ça devait se terminer comme ça, c’était prévisible, et bien que George se soit représenté cette scène à de multiples reprises, il n’en était pas moins dépité. Il avait même secrètement espéré que ça se termine plus tôt, que les choses aillent plus vite, si seulement cela n’avait tenu qu’à lui …. Mais non, Maria avait pris tout le temps qui lui convenait, envers et contre tout, envers et contre tous car c’était une vorace, éprise de liberté, obstinée, farouche et sauvage  à toujours vouloir plus, plus vite, plus fort, plus loin.

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Texte de Ketriken – « L’enrubanage » *

« Et cette petite caisse là ? c’est pas la même que les autres, il n’y a pas de nom, tu sais ce qu’il y a dedans ? »
Bertrand et marc sont dans la cave et ouvrent quelques caisses en bois à la recherche d’une bonne bouteille pour le repas du soir, et la cave de la maison de famille est particulièrement bien fournie, il n’y a que l’embarras du choix.

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1953 (janvier) – Jeanne – « « C’est l’intention qui compte » – par Ketriken

Le « coup d’après » est parfois rude à encaisser.
Les bûches terminent de se consumer lentement dans la cheminée, car bien qu’on soit en septembre la fraîcheur s’est déjà installée, comme un avant-goût d’automne, un temps de rentrée des classes. Jeanne pose son stylo sur la table du salon et la dernière copie sur le tas de droite. Voilà, c’est fait, c’est corrigé, elle pourra rendre les devoirs demain aux élèves de terminal B, promotion 1978, du «lycée Madame de Sévigné», à Charleville-Mézières.
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1946 (Août) – Louise et Edouard – « Rendez-vous à l’Excelsior » – par Ketriken

Marcelle se cale tant bien que mal au fond de son lit. Elle a mal partout. Sa patronne lui a demandé d’aller chercher dans la cave les produits manquants pour le salon de coiffure, et Marcelle a raté la première marche : côtes cassées, hématomes au visage et bras dans le plâtre. Ça ne pouvait pas tomber plus mal ! Louise est à son chevet, totalement désorientée par la confidence et la demande de son amie.
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Texte de Ketriken – « Un silence écrasant »

Le sauvetage

8h30, Amiens, centre ville. Le véhicule d’intervention est arrivé sur place, Manu appelle la caserne.
– SDIS 80, standard téléphonique, j’écoute.
– Équipe 3 sur place avec VTU (véhicule léger utilitaire) au 56 boulevard Winston Churchill. Véhicule garé devant le domicile et prise en charge imminente.
– Ok. Bien reçu. Rappelez-nous en fin d’intervention.
– CLIC. Radio de commandement raccrochée.
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Texte de Ketriken – « Jour de fête »

Nous sommes en place depuis un certain temps. Je ne saurais dire combien. À ma droite, Jules, maire, écrivain (membre de l’Académie Goncourt et décoré de la Légion d’honneur, rien que ça !) et châtelain de Chitry-les-mines. À ma gauche, Paul, acteur-comédien, dont la filmographie puise ses références dans le champ du «X». Les autres, je ne sais pas, cela ne fait pas assez longtemps que je suis là pour les connaître tous. Et puis on a pas vraiment choisi nos places, elles nous sont désignées par la mairie, alors c’est presque étrange pour un illustre anonyme comme moi, d’être posé entre un académicien renommé, et un comédien à filmographie spécialisée. Je ne m’en plains pas, car après de nombreux mois d’hospitalisation suite à un bête accident de la circulation, ce voisinage hétéroclite et intergénérationnel est une aubaine.

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