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Ateliers d’écriture créative, de fictions, animés par Francis Mizio

Category: Khea (page 1 of 2)

1898 (Mars) – Léonce – par Khéa

Paris, mars 1898
L’après-midi avait cédé sa place au début de soirée, Léonce quittait son lieu de travail, le siège social de la Société Générale au 54 rue de Provence dans le 9e arrondissement. Arrondissement qu’il avait vu évoluer en quartier d’affaires avec l’implantation des grandes banques, des compagnies ferroviaires, des grands magasins qui faisaient le bonheur de ces dames, au détriment de celui du portefeuille de leur mari et, ou, amant. La réunion enfumée, houleuse sur les crédits à court terme pour les industriels et négociants qui avait clos cette journée lui avait donné la nausée. L’air était doux, le printemps prenait ses aises, rentrer à pied lui ferait le plus grand bien. Il n’habitait qu’à quelques centaines de mètres, un appartement confortable au 1 rue Bleue, d’un immeuble bourgeois.
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Tiote – Texte de Khéa *

La nuit était encore là pour quelques heures mais ma mère et moi étions déjà debout, habillées, coiffées. Nous partions pour la première fois en grandes vacances d’été, une surprise que ma mère avait gardée secrète jusqu’à hier soir. Elle m’avait dit de mettre dans mon cartable, mes poupées et mon chien Pif pour ne pas les oublier. L’appartement était propre, bien rangé comme il ne l’avait jamais été. Ma valise et celle de ma mère nous attendaient près de la porte d’entrée.
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Texte de Khéa – « Biquette » *

Le 26 juillet 1928, à Acy en Multien, petit bourg de l’Oise, aux premières heures du jour, on entendit se mêler aux meuglements et béquètements le cri d’un nouveau-né dans l’étable de la ferme familiale des Motte.
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Texte de Khéa – « Au bout du fil » *

Une fin de journée entre 18h et 19h

“Je descends chercher des cigarettes”, sans me laisser le temps de répondre, tu as pris mon visage entre tes mains, agrippant ton regard bleu au mien, un baiser à peine effleuré et tu es sortie.

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1973 (Mars) – « Anne-Solange et Philippe », par Khea

Entre les barres d’immeubles de la ZUP de Wattignies, ville de la banlieue lilloise, une silhouette presse le pas, retranchée derrière un parapluie à rayures. Un bien maigre rempart de tissu imperméabilisé contre ces giboulées de mars cinglantes, déversées par un ciel de plomb et violemment encouragées par le vent qui se déchaîne pour désarmer cette frêle silhouette de sa défense dérisoire maintenue très fort par ses deux mains. Résister encore le temps de franchir les quelques mètres qui la séparent de son immeuble.

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Texte de Khea *

Des années que je ne suis pas montée dans ce grenier et rien n’a changé. À part de nouvelles générations de souris et d’araignées, je suppose. Le vieux fauteuil en cuir n’a pas bougé, à sa place en face de toi, ma vieille amie “la grande armoire bancale du grenier”, borgne d’une porte, tu es toujours debout, sentinelle impassible de ce royaume sombre, encombré de poussière et de bric-à-brac. J’en ai passé du temps, recroquevillée derrière ton unique porte, celle de la penderie, les yeux fermés, à ne pas bouger pour ne pas te faire craquer, pas un bruit, surtout. Il y a encore le trop plein de trésors que j’entassais sur tes étagères : des lettres, des cartes, des jouets, des bijoux de pacotille, des coquilles vides d’escargots, des coquillages, une boîte… boîte ?
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Texte de Khéa – « Lettre manquante » *

Ce matin, c’est opération “courrier”. Elle se déroule en trois étapes ; la cuisine en est le QG, je m’installe au bout de la table en formica, comme si je devais présider une réunion de crise… avec moi-même.
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Texte de Khéa – « La bête et ma tête » *

Elle est la, tapie dans un coin, embusquée du côté droit où elle a établi son camp, depuis le premier jour de son invasion sans préavis et avec fracas.
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1951 (Juin) : Annette et Germain – par Khéa

Nouveau cap

“Dans l’espoir de vous rencontrer très prochainement,
je vous prie d’accepter, Mademoiselle, mes salutations les plus respectueuses ».
Germain Dessagne.

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Texte de Khéa – « Nouveau cap »

L’annonce n’est pas reproduite ici car elle est intégrée au texte.
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Texte de Khéa – « L’escale » *

Bertille était toujours sous l’émerveillement de la découverte de cette maison, au hasard de ses recherches immobilières sur les sites d’agences en ligne. Elle avait su que ce serait celle-ci et aucune autre dès que la photo s’en était affichée sur son écran. Elle l’avait visitée un jeudi à 14 heures, signé la promesse de vente à 15 heures de ce même jeudi.
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Texte de Khéa – « Tango » *

Ma mémoire n’a pas disparu, elle s’est tue. Je ne l’entends plus me balancer des images bourrées ou non d’émotions quelles qu’elles soient, heureuses, tristes, colorées, physiques.

Un je-ne-sais-quoi a tout mis en sourdine, planqué dans un coin de ma tête n’offrant plus d’écho à mon cœur. C’est silencieux mais ça ne ressemble pas au vide.

Et pourtant je sais qu’il y a eu de la vie qui s’est installée là, qui a gravé ses petits et grands moments au fil des années, des prénoms, des repères, des réflexes, des habitudes,.. Plus rien de tout ça ne fait de bruit, plus de tumulte. La course poussiéreuse de buissons secs et légers emportés par le vent dans le désert, est le reflet de ma mémoire muette.

Je me suis réveillée ici, dans cette chambre dite de repos, il y a quelques semaines.
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